Changement de donne
Un article de Wiki.
Cette partie est fondée sur un mail, très longuement préparé sur la liste générale, de Patrick Yeu (merci à lui de s'inscrire comme auteur, mainteneur de cette page et de ses liens), où il précise sa démarche face à celle de JFC Morfin. Il s'agit d'une approche alternative à celle qui fonde la démarche @large d'utilisateur pilote. Son étude pourra aider chacun dans le choix de ses orientations personnelles et l'évaluation de ses priorités.
Dans les circonstances actuelles, cette étude, dans le cadre du souci de france@large d'un partage sérieux des connaissances, peut aussi permettre à cette position de se définir plus précisément. Elle aidera ainsi puissamment ceux qui en partagent les prémisses à former leur propre projet, ceux qui ne les partagent pas à ne pas dangereusement outrepasser les objectifs qu'ils s'assignent, à chacun de comprendre la situation réelle, à ne pas diaboliser l'autre et à mieux se comprendre mutuellement, ce qui est la première des nécessités de toute approche réticulaire.
Pour amorcer ce débat, la trame du sujet traité est donnée avec un commentaire se voulant aussi constructif que possible de la vision jugée "adverse". A partir de cela la gestion de la page est donnée à ses tenants pour approfondir et répondre effaçant tout aspect polémique.
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Observer cela permet de comprendre
Observer quoi est sans doute la première question.
Question posée : peut-on systématiquement tout anticiper.
Disputer de la prédestination et le libre arbitre de l'être ne nous intéresse pas ici. Leur impact peut affecter la compréhension du monde de chacun.
Question posée : Si oui, jusqu'où peut-on aller sans empiéter sur la liberté des gens ?
Ce qui intéresse c'est aussi la meilleure utilisation des moyens techniques à notre portée pour la survie de chacun dans le monde actuel, sa protection, celle de ses biens, de ses proches et de ses valeurs (esthétique personnelle). Cette préoccupation correspond donc à la gouvernance de l'internet de chacun, sa protection analogique, numérique et sémantique et la capacité de ses moyens analogiques, numériques et sémantiques. La réponse normale actuelle communément acceptée est le principe de subsidiarité (respect des responsabilités de chacun) et proportionnalité (autant qu'il est éthiquement raisonnable, pas plus qu'il n'est éthiquement déraisonnable)
Question posée : Si non, la réponse est absolument "non", car c'est la _seule_ chose que nous savons. En raison des limites de la raison (philosophiquement Kant, mathématiquement Gödel).
Question posée jusqu'où la marge de liberté laissée à chacun et donc à tous peut aller sans empiéter sur la liberté des autres ?
la marge de liberté laissée par qui ?
- si c'est par ton esthétique, il s'agit d'une question d'éthique que je n'ai pas légitimité à discuter.
- si c'est par ta technique, disons que chacun avec son PC, sa ligne ADSL et ses intelligences personnelles a la puissance de traitement, les moyens de relation, la capacité d'influence internationale, etc. qu'avait la France il y a 20 ans. Cela te donne effectivement des capacités, des risques, des possibilités.
Ces questions ne sont pas neuves
Position : mais, avec le numérique, l'Internet et les nouvelles technologies, la donne est changée.
Je ne le crois pas. Le numérique comme tu l'entends est la fin d'un monde. Il n'apporte rien d'autre que ce que nous avions déjà d'une autre façon. Ce qui change les choses est ce qu'il nous permet maintenant de faire, à commencer par nous en empêcher.
dans le contexte de changement actuel
(1.) Déterminer dans tout ce qui change, ce qui ne change pas ou ne doit pas changer
Position : Ceci concerne en particulier, ce qui relève de l'éthique à commencer par la place que l'on estime devoir être celle non seulement de l'homme dans la société, mais aussi celle de tous les éléments nécessaires à son cadre de vie dans le cosmos... (tant qu'à faire, allons jusqu'au bout des choses). A noter que même si les points de vue divergent, le principe - technique, il est vrai - demeure.
Ce qui ne doit pas changer (et qui est donc violemment agressé) c'est ta liberté de choix de ton esthétique, c'est à dire de ton système référentiel de valeurs. Dans la situation actuelle et face à la violence et la nature de l'agression, les protections sociétales habituelles (Etats, cultures, religions, économiee, etc.) ne sont pas en mesure de nous garantir ce choix. Il nous appartient donc de nous prendre par la main et de conduire notre propre protection, ce qui aidera si nous y réussissons les autres qui nous copieront et allégera la pression sur les structures sociétales et régaliennes et leur donnera le temps de se reconfigurer.
(2.) Déterminer les logiques à l'origine des changements en cours
Nous sommes confrontés une rupture de phase due à une masse de population critique qui par la satisfaction de ses besoins conduit à une recomposition des équilibres naturels et des équilibres artificiels.
(3.) Déterminer des objectifs souhaités et souhaitables
(à partir de (1.) et en tenant compte de (2.))
Sauve qui peut, chacun pour soi, en comprenant que la crise est celle des réajustements de l'individu face à la nature, la société, la technique. Ces réajustements impliquent au moins la rupture de liens antérieurs et la création de nouveaux liens. La règle reste donc que le bien personnel contribue et dépend du bien commun. Donc que peu à peu le sauve-qui-peut, chacun pour soi (qu'en langage maritime on appelle "liberté de manoeuvre") va permettre une recomposition du paysage relationnel de chacun.
(4.) Partant de là, faire élaborer des projets ad hoc
C'est à dire susceptibles de mobiliser les gens et prenant en compte le (1.), le (2.) et le (3.) et intégrant les moyens nécessaires décrits au (5.)
Pour cela il te faut participer à l'IETF, à l'initiative Pouzin (pas à l'ISOC qui a déjà fixé pour le meilleur ou pour le pire ses objectifs), aux débats télévisés, écrire un bouquin, etc. C'est généreux, mais inefficace pour toi et les mortels actuels. N'est pas être comme le type qui discute de la manière de sauver tout le monde sur le Titanic au lieu de se raccrocher à la bouée qui passe à sa portée ?
(5.) Observer les utilisations faites des techniques
Observer les utilisations faites des techniques afin de pouvoir suivre l'émergence des usages sociaux au fur et à mesure de leur apparition
C'est gentil de vouloir écrire un e-book sur les heurs et malheurs de france@large et de ses initiatives soeurs. Mais :
- merci de ne pas les saturer plus que ce contre quoi elles réagissent (sauf s'il s'agit de tester leur réaction et en décrire l'agonie)
- ce travail d'historien sera certainement utile pour les archéologues, mais à qui d'autre ? Ne seras-tu pas mort avant que de pouvoir en tirer des leçons ?
- a quoi cela te servira-t-il puisque les situations sont toujours nouvelles ? D'autre part le prochain changement de paradigme n'est sans doute pas pour demain
(6.) Se doter des moyens d'accompagner le développement des arts de faire
Il s'agit des arts de faire à partir des des réalisations du (4.)
Comment fais-tu pour cela ? Pour être efficaces à notre niveau de liste d'utilisateur pilote, nous sommes une association sans compte en banque ? Les arts de faire dont tu parles c'est précisément des actions comme france@large qui sont sociétalement en elle-mêmes très innovantes et que tu accompagnes effectivement. Mais ne le fais-tu pas à reculons en tentant de la retenir dans les anciens chemins que tu connais, qui sont ceux dont les méthodes nous ont conduits où nous sommes ?
Cette préoccupation peut et doit être rephrasée pour dire que l'on veut veiller à ce que la technologie ne s'y oppose pas et qu'elle pourra être adaptée au fil de l'eau pour servir plutôt que de contraindre. C'est très précisément cela la dynamique de l'utilisateur pilote.
C'est pourquoi c'est d'abord une culture et l'affirmation de droits avant toute autre chose, mais pour être efficace cette culture doit pouvoir affirmer ces droits face à ceux qui les mettent en péril, et donc parler leur langage, et comprendre mieux qu'eux leurs intérêts et savoir les convaincre du comment de leur meilleur intérêt. C'est comme un avocat qui doit être meilleur dans son domaine que le bandit qu'il veut confondre.
(7.) Utiliser les moyens prévus au (5.)
Il s'agit d'exploiter le retour d'expérience collecter au (6.) afin de faire progresser la connaissance et formaliser les bonnes manières retenues dans toutes les disciplines et dans tous les domaines concernés par le déploiement des nouvelles technologies et de l'Internet et leurs usages.
Même avec des milliards, même en étant bi-centenaires, ne s'agirait-il pas alors de faire de l'archéologie d'anciennes technologies.
Ne nous trompons pas de combat technique. Parler comme Rousseau, Diderot ou Marx confrontés à la révolution mécanique, ou comme les cybernéticiens sociaux des années 50 ? s'embarquer sur le sujet de l'ordinateur, du numérique, de l'internet, etc. comme dans les années 80 n'est-ce pas dépassé par la réalité actuelle ?
Ce ne sont pas les technologies physiques (ordinateurs) et logiques (calcul) qui nous portent atteinte, ce sont les technologies de leur usage. Bien sur que le physique, l'énergie analogique, le calcul logique sont utilisés, mais ils le sont par des "gens" biens et mauvais.
La différence est qu'au lieu de s'entre-tuer physiquement à coup de pistolets ou de s'aider par des bonnes oeuvres, ils le font aussi avec des ordinateurs ou grâce à des services informatisés. On a protégé les gens par la force contre la violence, par la loi contre l'arnaque, il nous faut aujourd'hui les protéger avec intelligence contre l'asservissement commercial assisté par Internet.
Cela est de tous les temps. Il est toujours facile et rapide de faire mal. Beaucoup plus difficile et lent de faire du bien. Aussi vaut-il mieux s'y mettre tout de suite.
(8.) S'assurer qu'à aucun moment la démarche ...
ne vire à l'expérience scientifique pratiquée à grande échelle sur l'homme
Bien sûr. Mais comment s'oppose-t-on aux idées de Platon, à l'astuce d'Al Capone, à la politique de Bush ou à la folie des Kmers Rouges ?
(9.) Pour cela faire élaborer les projets décrits (4.)
Ceci doit être fait par les intéressés eux-mêmes en les faisant partir de la formalisation de leurs besoins et de leurs attentes afin de parvenir à une expression de leur demande compatible avec la mise en oeuvre des moyens modernes de traitement des données et la constitution d'une offre destinée à valoriser les ressources tant humaines, matérielles, immatérielles, naturelles nécessaires au maintien et au développement de la vie locale.
Voilà quelque chose digne du 31ème Plan !
N'est-il pas nécessaire de se poser d'abord la question de savoir si ce n'était pas justement cette façon de penser, de programmer, d'organiser, de maintenir qui apparaisse au monde une oppression dont les NTICS lui permettent de se libérer ?
Nous sommes en révolution. A quoi voyons-nous si la révolution n'est justement pas contre toi ?
Le problème de toutes les révolutions est que les choses vont en général trop loin et se retournent contre ceux qui les ont menées. Comme le dit très bien Stiegler on veut faire de nous des prolétaires intellectuels. La crise, pour moi, c'est une salutaire rupture écolonomique qui rappelle que celui qui commande c'est chacun, celui qui paie au final, celui qui vit, pas ceux qui font des plans pour/sur lui. Elle le rappelle aux agioteurs, mais elle le rappelle aussi aux gens : aide-toi et la technologie t'aidera.
(10.) S'assurer des résultats de la démarche
Il faut s'assurer que la démarche développe la capacité des personnes (hommes, femmes, enfants, personnes âgées) concernées à trouver non pas une place, mais LEUR place dans la société.
Question : et si tu les laissais la construire plutôt que de la leur préparer pour qu'ils la trouvent. Je sais c'est facile comme remarque. Mais je voudrais que tu te demandes s'il ne s'agit pas plus de logique planificatrice de la part d'une généreuse supériorité que d'un humble partage fraternel de ce qui a pu aider de façon concrête ?
Nous avons une crise de maturité. On a reconnu a chacun le poids international d'un Etat. Certains, comme nous, sommes les premiers (pilotes) qui exploitent et réclament ce droit. Pas par des bla-bla, mais dans la réalité. Parce qu'en face l'automatisation des moyens permet à beaucoup de nous traiter comme l'on ne pouvait traiter il y a peu que les Etats (agression, pressions, espionnage, etc.)
Partout dans le monde, à leur niveau de revenu, d'information, d'exposition ou non aux NTICS il y a des gens comme nous qui cogitent (cela veut précisément dire piloter le troupeau). Leurs solutions nous intéressent, comme les nôtres les intéressent, car nous avons à travailler ensemble dans nos intérêts communs, et de celui de ceux qui nos copieront.
(11.) Veiller à maintenir les rêves et les ambitions ...
Veiller à maintenir les rêves et les ambitions à la hauteur des potentialités des techniques et des machines afin de pouvoir élaborer des cahiers des charges techniques à la hauteur des enjeux sociétaux
La c'est devenir le démiurge, plus encore que le Démon de Laplace ! Je me bats pour la liberté de ma personne, de ma virtualité, de mon imaginaire ... et tu veux régir mes rêves et mes ambitions !
Ne t'inquiète pas : les rêves et les ambitions ne manquent pas. Et ce sont eux qui poussent la technique à plus de possibilités. Le propre d'être des rêves et des ambitions est justement de n'avoir pas de cahier des charges, mais des projets de développement. Ils sont par eux-mêmes des enjeux sociétaux dont nous n'avons pas plus idée, que Platon n'imaginait notre vécu quotidien ... ou alors tu veux nous confiner au tourner en rond ?
(12.) Disposer, au-delà (1.) à (11.) inclus pour cela, d'une vision
Il parait que nous passons là au sens de l'Histoire. Il faut inscrire le Bon Dieu et le Soviet Suprème sur la liste de discussion.
Nécessité de la démarche
En l'absence d'une telle démarche, ne traiterait-on pas des problèmes posés par la technique et son utilisation et non pas des solutions attendues et souhaitées par les gens en termes d'avenir.
C'est d'ailleurs à ce niveau que la démarche prend un tour politique (dans le sens noble du terme). Sur ce plan, au niveau du (1.), il faut poser, dans ce qui ne doit pas changer, qu'il s'agit de disposer de la technologie ad hoc pour vivre soi et non de vivre pour une technologie ad hoc en soi.
Prenons l'Europe et la Chine. On veut qu'elles se parlent plus. Il y a ceux qui font un plan en 12 points pour y parvenir. Il y a ceux qui comme Thomas ou Marco Polo font le voyage à pied. Quelle est la différence ? La fin et le début de paradigme.
Mais pas d'un paradigme "à la Khun", qui concerne la société savante. Un vrai paradigme culturel qui touche TOUT comme rien n'a jamais rien touché avant. Dans lequel l'Internet est un petit détail. Un changement de paradigme comme celui du passage du paradigme du qualitatif de la pensée grêque
Dans le monde organisé de la fin du XXème siècle et du paradigme du quantitatif tu proposes une politique que d'autres corrigeront, que d'autres conduiront, que d'autres suivront, que d'autres financeront en tenant compte de la pollution matérielle, des accords et des aides internationales, etc. etc.
Dans la crise violente que nous subissons dans notre virtualité en expansion accélérée de ce début du XIXème siècle et du paradigme du significatif, il faut que nous nous débrouillons tous seuls dans un malstrom de pollution intellectuelle.
Qui est dans le vrai en ce qui concerne l'évaluation de la situation ? Probablement dans ce milieu de crise chacun de nous. Toi pour les structures, moi pour les individus.
L'urgence est que les soldats succombent avant les régiments. L'important est que nous sommes à la pointe de la flèche du temps : ce que nous vivons tous vont le vivre peu à peu. C'est pourquoi l'on parle d'utilisateur pilote.
Tu as peut-être effectivement un peu plus de temps (mais guère) pour tirer parti de tes observations de la situation et de notre réponse bonne ou erronée. C'est en ce sens que cette étude est importante pour france@large.
Tout ce qu'il faut est qu'elle n'ajoute pas à notre charge.
