Internet du Futur

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appel public à commentaires sur l'internet du futur internet.dufutur@finances.gouv.fr

Auteur

Mon nom est Jean-François C. (Jefsey) Morfin. Au titre de mon activité professionnelle de catalyse et de gestion de projets de gouvernance et d'adminance (gouvernance technique) d'espaces relationnels au sein du réseau international, et de recherche appliquée dans le domaine de la facilitation numérique à l'intercompréhension, j'ai - par exemple :

  • été à partir de 1978 et jusqu'en 1984 un des pionniers du réseau international public (entre PTT et réseaux privés) sous multitechnologie Tymnet qui supportait la plus part des standards publics et privés du temps;
  • assuré la passage sous plan de numérotation X.121 (adressage mondial au standard de l'UIT correspondant à IPv6).
  • été candidat au conseil d'administration de l'ICANN à titre personnel (en 2000) puis au titre de l'assemblée générale de l'ICANN/DNSO.
  • créé en 2000, et j'anime, l'association france@large (plus ancienne ALS) pour le support des @larges (utilisateurs pilotes) français. Elle a posé sa candidature à la gestion de ".fr" et publié sa proposition;
  • catalysé ou conduit un certain nombre d'initiatives telles que : le prototype "Webs de France" pour un site d'information et de nommage local propre à chaque code postal français, le pacte de bonne pratique des administrateurs de fichiers racine ouverts et de leurs suffixes, le projet de banc-test communautaire de l'évolution du DNS "dot-root", l'AFRAC pour la sécurité de l'espace de nommage national, l'AFGI pour le FGI-FR (Fourum français de la gouvernance de l'Internet), etc.
  • créé, et je conduis, au sein de l'IETF la structure IUCG (Internet Users Contributing Group) et avec Russ Housley, Président de l'IETF, sa liste de travail principale iucg@ietf.org dont le propos est d'apporter aux ingénieurs de l'IETF les remarques, contributions et suggestions des utilisateurs. Elle peut également introduire des soumissions structurées dont elle pourra discuter en préalable avec l'IAB;

En cela je poursuis une politique d'influence technologique et gouvernantielle allant dans le sens de ce que, faute de concertation plus poussée, je conçois être le respect des valeurs et de l'image de la France, l'intérêt de mes concitoyens, l'avantage européen et une bonne gouvernance de l'écosystème mondial.


Point d'implication actuel

C'est, en particulier, le cas actuellement où mon engagement pour la défense pratique des langues et des cultures par la multilinguisation (toute langue étant architecturellement traitée à l'égal de l'anglais) face à la "globalisation" (extension de l'architecture ASCII permettant la citation partielle des langues écrites) m'a conduit à engager la documentation de la couche "présentation" de l'Internet. Le travail sur cette couche, qui permet une résolution complète, totalement diversifiée, mais simple du nommage scripto-linguistique, a été commenté récemment comme suit par Vint Cerf, qui anime le groupe de travail IETF sur le nommage "internationalisé" et pour cette raison m'en a exclu (l'on se doute des enjeux économiques que mes positions engagent) :

Jefsey, thanks for taking the trouble to prepare this note. It does lay out the issues clearly. I think I can report agreement with you in several areas. [] The DNS itself continues to have the purely ASCII behavior it has always had to avoid requiring changes on the domain name server side.
Second, I think there is considerable room for innovation and standardization at a conceptual "presentation" layer - such a layer was not defined in the Internet while some effort to define on was in the OSI system. As applications have become increasingly internationalized, it is arguable that codifying presentation concepts may prove useful. Some might go so far as to suggest re-inventing the system of binding strings to internet addresses (what the DNS does).
While that path was not chosen in the present DNS-IDNA2003-IDNA2008 sequence, it might be considered in the future and in my opinion, it is in these areas (presentation and re-definition) that much of your work, jefsey, has relevance.
I am interpreting your message here as arguing not to change the existing basic DNS, to confer stability at the server level, and here we agree. Vint


Un exemple au coeur du questionnaire

Je cite particulièrement ce sujet, car il situe le type de préoccupation dont mes collègues et moi me préoccupons pour ce qui concerne les aspects Internet évoqués par le questionnaire.

  • le point de conversion de la position IETF a été le refus que j'ai opposé à la violation de l'orthotypographie du français par le nommage Internet,
  • que la couche présentation est nécessaire à ce que j'appelle l'intersem, c'est-à-dire l'internet sémantique qui est plus particulièrement ma partie depuis 1984 et où la langue et l'expérience culturelle et les propositions scientifiques françaises constituent sans doute une contribution fondamentale.
  • Microsoft vient de monter au créneau en activant l'IAB sur des besoins qui lui sont proches, que nous résolvons sans changer l'Internet et que la discussion en cours vise à résoudre de façon différente et en affectant la neutralité de l'Internet.
  • que l'activation de la couche présentation modifie potentiellement l'entière économie, et en partie, l'architecture de l'internet.


Approche du questionnaire

Le questionnaire sur l'Internet du futur que j'ai reçu semble s'attacher à des aspects contingents, typiques de 2009, mais ne pas correspond pas à la réalité de l'exploration, du débat et des vécus architecturaux et gouvernantiels fondamentaux de l'internet auxquels je participe depuis plus de trente ans.


Pour être constructif et répondre au mieux, j'en ai légèrement réorganisé la disposition, ajouté des commentaires et essayé de répondre dans le sens de leur perspective. Je n'ai pas cherché à les détailler, afin de laisser la réflexion et les additions ouvertes. Le but était de permettre à un lecteur non informé du questionnaire de disposer de son excellente synthèse contextuelle.

Grâce au délai accordé, j'ai pu tenter une réponse. Toutefois, en raison de nombreuses contraintes personnelles, je n'ai pas pu y apporter tout le soin que j'aurais voulu. J'ai cependant pensé qu'étant sur certains points le seul, ou l'un des seuls Français au cœur du débat, je me devais comme tel de contribuer même de façon limitée, souvent décousue et parfois contradictoirement abrupte - pour faire ressortir certains points dans un contexte qui demanderait un travail approfondi face au travail lui-même approfondi du questionnaire - afin que certains thèmes clés (à mes yeux tout au moins) soient directement évoqués.

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Sommaire


Introduction (original)

Internet a révolutionné tous les secteurs de nos sociétés, notre manière de communiquer, de nous informer, de nous divertir, de consommer et même d'interagir socialement.

Les premiers travaux sur les réseaux informatiques datent d’il y a environ 40 ans. Internet s'est imposé grâce à des principes fondateurs simples, notamment dans le domaine de l'architecture, de l'adressage et des protocoles. Cette simplicité et l'utilisation de protocoles ouverts et neutres ont abouti à la mise en place très rapide d'un réseau global permettant de transférer l'information sous toutes ses formes, presque en tous lieux, quasi instantanément et à un coût accessible à un très grand nombre d'utilisateurs. Ils ont aussi permis à l’Internet de faire face à une croissance accélérée ainsi que de s'adapter à l’avènement de nouvelles technologies et à l'explosion des nouveaux services.

L'évolution ou la redéfinition de l’Internet permettront le développement de nouveaux services et usages et auront donc un impact industriel et socio-économique majeur.

La direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services (DGCIS) du ministère de l’Economie, cde l’industrie et de l’emploi a créé en 2007 un Groupe de Réflexion sur l'Internet du Futur présidé et coprésidé respectivement par l'INRIA et à l'Institut Télécom. Ce groupe de réflexion composé d’experts reconnus au niveau international et appartenant à des organismes de recherche, des PME et des groupes industriels travaillant sur ces questions a rendu son rapport, à la mi-juin 2008. Sur cette base, le secrétariat d’Etat chargé de la Prospective et du développement de l’économie numérique, la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi et la direction générale de la recherche et de l’innovation du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont souhaité lancer la présente consultation publique afin de recueillir l’avis de l’ensemble des acteurs concernés par l’Internet du futur et de préparer un plan d’actions sur le sujet.


Qu'est-ce que l'Internet ? (commentaire)

La première question qui se pose est "de quoi s'agit-il ?". La terminologie légale française parle d'internet et pas d'Internet. Elle parle de "communication publique en ligne" et semble s'acheminer vers une définition qui définit bien ce qui apparait comme le "modèle français" où le sujet est la "communication publique et privée et les services en ligne".

La différence est d'importance : s'agit-il de l'avenir d'une attente de la France ou de la contribution française à une technologie donnée, en continuation, en rupture, en parallèle ou en addition de la technologie de l'IETF.

La technologie IETF est par exemple (RFC 3935, mission de l'IETF) non pas celle qui pourrait être proposée, mais celle qui correspond aux valeurs centrales de l'IETF. Je ne me reconnais pas dans ces valeurs. J'ai publié un Draft sur l'inclusion du devoir de précaution dans les obligations de l'IETF. J'ai plusieurs fois soulevé des problèmes d'éthique, proposé une approche éthitechnique (c'est à dire mettant l'éthique de l'utilisation au rang des spécifications), et suis souvent revenu sur le thème principal de la RFC 3869 de l'IAB qui est le financement, et par là l'orientation de la recherche.

Ce sujet me parait fondamental alors que l'IETF est de plus en plus influencée officiellement par les sponsors de l'ISOC et que ce questionnaire porte précisément sur une approche mixte public/privé.

Pour ce qui concerne l'IETF elle-même, sa compréhension de l'Internet est proche de celle du Code américain :

  • IETF : "The Internet: A large, heterogeneous collection of interconnected systems that can be used for communication of many different types between any interested parties connected to it. The term includes both the "core Internet" (ISP networks) and "edge Internet" (corporate and private networks, often connected via firewalls, NAT boxes, application layer gateways and similar devices). The Internet is a truly global network, reaching into just about every country in the world. The IETF community wants the Internet to succeed because we believe that the existence of the Internet, and its influence on economics, communication, and education, will help us to build a better human society.
  • USC - Title 47, Chapter 5, Subchapter II, Part I, § 230, (f) (1) "The term “Internet” means the international computer network of both Federal and non-Federal interoperable packet switched data networks."

Dans ce qui suit, je parlerai donc d'internet au sens où l'emploie la loi française qui parle de l'utilisation de l'internet comme l'on parler de prendre le train, la route ou l'avion ou de partir en mer. Je parlerai donc non pas de l'"Internet du Futur" mais de l'"internet dans le futur".

J'observe d'ailleurs que dans l'état de la philosophie des services rendus aux utilisateurs, l'internet n'assure pas encore les services que supportait mon Département en Tymnet Extended Services en 1985. Nul ne fait semble-t-il encore de différence entre le contenu passif et le contenu actif. Il est donc probable que l'internet des années 2015 sera fait de la consolidation des services actuels et des services encore objectés aujourd'hui.


La technologie de l'internet (commentaire)

La technologie actuellement prépondérante actuellement utilisée est IPv4. De l'avis de ses développeurs à la charnière des années 80/90 elle était condamnée. Comme le dit fort bien John Day, Chair de la Louis Pouzin Society, l'Internet a eu la malchance d'être un bon prototype qui a survécu pour des raisons commerciales (rigidité des administrations) à la montée en puissance de la demande. Cette technologie s'est développée par patchs successifs jusqu'à supporter plus qu'elle ne peut et bien moins que ce qu'elle pourrait.

Il faut bien comprendre que la technologie Internet (IETF et toutes celles qui en dépendent) ne se définit pas : elle s'étend par coups de chance pratiques et les propositions tierces. Ceci est documenté de façon très précise dans la RFC 3935 qui définit la progression de cette technologie de la manière suivante :

The IETF has traditionally been a community for experimentation with things that are not fully understood, standardization of protocols for which some understanding has been reached, and publication of (and refinement of) protocols originally specified outside the IETF process.
Standard: As used here, the term describes a specification of a protocol, system behaviour or procedure that has a unique identifier, and where the IETF has agreed that "if you want to do this thing, this is the description of how to do it". It does not imply any attempt by the IETF to mandate its use, or any attempt to police its usage - only that "if you say that you are doing this according to this standard, do it this way". The benefit of a standard to the Internet is in interoperability - that multiple products implementing a standard are able to work together in order to deliver valuable functions to the Internet's users.


Les constructeurs de l'Internet (commentaire)

Il est bon de comparer en termes d'innovation l'internet à un système comparable comme le système routier. Qui fait le système routier ?

  • les ingénieurs de machines de travaux publics
  • les entreprises de TP
  • les politiques qui votent les travaux
  • l'équipement
  • les constructeurs automobiles
  • les sociétés d'autoroutes
  • les sociétés de services
  • les gens qui l'utilisent, l'attendent, le demandent et souvent au départ ont tracé les routes.

Ceci est d'autant plus vrai que de plus en plus les utilisateurs (du particulier à l'Etat) ont la capacité de changer le réseau à leur profit. Il ne s'agit donc plus de plans directifs, mais de concertation, d'objectifs partagés et de rapidité d'adaptation des projets.


La position de l'Internet (commentaire)

Pour mieux comprendre le découplage nécessaire au développement de l'internet, il est nécessaire d'en bien préciser la structuration et le positionnement de la technologie Internet (système Internet, as per IETF).

Une structuration simple des communications est celle de trois grandes strates d'une ou plusieurs couches selon un modèle OSI étendu. Il peut se comprendre comme suit :

  • couche télécoms : infrastructure physique (matériel) - la bande passante et le signal, de "prise à prise". Services de base.
  • couche datacoms : infrastructure logique (logiciel)
    • les échanges numérisés de contenu passif de "bout en bout" : l'Internet IETF. Services à valeur ajoutée.
    • les échanges numérisés de contenu actif de "top en top" : l'Internet Plus tel que travaillé par l'IUCG. Services étendus.
  • couche métacom : infrastructure sémantique (noogitiel) - interintelligibilité de "tête à tête" : l'internet sémantique (intersem). Services de facilitation noétique.

Le support la facilitation à l'interintelligibilité distribuée de l'intersem, sera sans doute la grande avancée technique de la décade à venir. Ce sont ses attentes et leur mariage heureux avec les avancées techniques sectorielles de la strate datacoms envisagées dans ce questionnaire que conditionneront le leadership technique et industriel futur.


Qu'est-ce que l'Internet du Futur ? (commenté)

Cette section tente de décrire les évolutions possibles de l'Internet au cours des 10 prochaines années.
Commentaires en italiques


Evolution ou refondation

"Chacun s'accorde à observer que l’Internet n'a pas été initialement conçu pour servir d'infrastructure universelle".

La manière dont nous avons déployé le réseau public de transmission de données par commutation de paquets visait très précisément à organiser une infrastructure universelle. Trois technologies se sont succédées pour le faire fonctionner. Tymnet, X.25/75 et Internet. La technologie Internet était la moins préparée pour cet usage, d'où certaines de ses lacunes apparentes.


"Cependant, il est devenu une infrastructure critique pour les besoins et usages de l'industrie, de l'économie, de la société dans son ensemble. Les technologies de l’Internet ont été initialement conçues pour transférer de manière fiable des fichiers entre deux points. C’est la simplicité du mécanisme d'adressage, l'absence d'administration et la facilité d'interconnexion (et donc l’absence d’autorisation préalable pour diffuser de nouvelles applications) qui ont permis à l’Internet, malgré certaines lacunes structurelles, "

Ceci reflète le fait que le déploiement de l'Internet a été préservé de l'administration publique des pays où il s'est implanté - restant soumis à celle des Etats-Unis. Nous avons donc là en très large part une contribution du système légal des communications américaines.

"de devenir le principal réseau fédérateur des usages numériques. "

Il existe un besoin de continuité de réseau confédérateur (et non fédérateur centralisé) pour l'écosystème numérique, la technologie principalement utilisée est celle de l'IETF, très fortement influencée par les Membres Platine et Or de l'ISOC.


"Aujourd'hui, les technologies de l’Internet sont utilisées pour diffuser des programmes de télévision, contrôler des usines, interconnecter des banques, gérer des transmissions militaires, suivre des opérations médicales, ou transporter des conversations téléphoniques. Les technologies de l'information contribuent actuellement à plus de 25 % de la croissance des pays industrialisés. "

"Or un certain nombre de faiblesses deviennent préoccupantes au vu de la croissance rapide de l’Internet et de la généralisation de son statut de réseau universel de transmission d'information : "

Il convient de rephraser cela en disant que nombre de faiblesses de la technologie dominantes ne permettent pas à l'internet d'assurer toutes les fonctions attendues de sa part.


  • "La technologie et le réseau ne permettent pas d'offrir les garanties nécessaires à des applications à caractère temps-réel critique".
  • "La sécurité n'est pas intégrée au modèle de communication".
  • "Le réseau actuel n'a pas été conçu pour des noeuds mobiles et pour le nomadisme. Le protocole TCP, utilisé par 90% de ce qui est transféré, n'est pas adapté aux applications sans fil et/ou mobiles. "
  • "L'administration du réseau est presque inexistante (par choix de conception) or de nombreuses applications nécessitent un réseau stable et administré."
  • "Bien qu’il soit souvent perçu comme un réseau entièrement distribué, l’Internet ne peut fonctionner sans certains services centralisés. C’est le cas du DNS (serveur de nom) ou encore du DHCP. Avec la voix sur IP, la vidéo et IMS, le nombre des serveurs croît sensiblement et leur nécessaire fiabilité devient un enjeu critique. "
Il semble que cette liste soit très réduite. Par exemple, des sujets récurrents : authentification, identification, maitrise du routage, cryptage, etc. Par ailleurs, cette liste semble concevoir l'internet pour ce qu'il n'est pas : un système identifiable. L'Internet au sens IETF était l'adhésion à sa documentation qui n'est plus là que pour "influencer ceux qui construisent, utilisent et gèrent l'internet pour qu'il marche mieux" (RFC 3935).
Il est à noter que bien des aspects de la "technologie internet" relève de la croyance en une pratique commune. C'est le cas du DNS qui n'est utilisé par simplification stratégique qu'à un infime niveau de ses capacités. La fiabilité des serveurs ne relève pas du réseau ?


"Ces questions ont été identifiées depuis plusieurs années et de nombreux chercheurs et industriels tentent d’y apporter des réponses. On distingue trois grandes catégories d'approches pour la prise en compte des limites de l'Internet actuel et des fonctions qu'il devra intégrer dans le futur :"

"1) Certains pensent qu'il est nécessaire d'envisager une refondation de l'Internet, connue sous le nom de « clean-slate approach». Cela correspond à la création de nouveaux réseaux et de nouveaux protocoles plus stables et mieux adaptés à une croissance continue des différents usages. Cela pourrait déboucher sur la séparation virtuelle de l’infrastructure et des différentes applications qu’elle supporte. L’Internet jouerait alors le rôle d'agrégateur pour les nouvelles technologies développées dans ce cadre. Cette approche paraît intéressante pour de nombreux industriels dans le contexte des avancées technologiques des routeurs, des équipements optiques haute performance, des techniques de virtualisation et des ressources de calcul. Des questions restent cependant posées par cette approche de « refondation » et la remise en cause qu’elle pourrait impliquer pour les principes fondamentaux de l’Internet (en particulier le principe de neutralité). ; "

A noter que nous exprimons simplement le principe de neutralité : la possibilité de remplacer une partie du réseau par un système tiers similaire sans aucune modification des opérations du réseau. Cette expression technique de la neutralité conditionne les ambitions de développement.


"2) Certains chercheurs pensent qu'une telle démarche serait inutile (voire impossible) ou même qu’elle pourrait avoir des conséquences défavorables sur les capacités d’innovation issues des réseaux Ils lui préfèrent donc des améliorations incrémentales qui se justifient aussi en raison de la considérable base d’utilisateurs de l’Internet et du besoin de supporter les applications déjà créées. Les travaux de recherche des trente dernières années ont suivi cette approche évolutive. Ceci a conduit à des solutions « ponctuelles » maintenant un bon fonctionnement de l’Internet, mais cela a aussi abouti à une complexification du réseau par le rajout de mécanismes allant à l’encontre de ses principes architecturaux. C’est le cas par exemple de l’utilisation des « NAT » qui ont été conçus pour limiter le nombre d’adresses (IPv4) utilisées, puis du déploiement progressif toujours en cours des adresses IPv6 ; "

Les principes architecturaux de l'Internet sont décrits dans les recettes de la RFC 1958. Il n'existe en fait qu'un seul principe réclamé comme tel, selon lequel tout dans l'architecture internet, sauf ce principe, peut changer. La technologie Internet est pragmatique. Ce qui convient à cette architecture est ce que les gens vont utiliser, et sans doute donc ceux que les gens demandent. C'est pourquoi les utilisateurs pilotes, c'est à dire ceux qui peuvent adapter l'Internet à leur avantage et souvent, de ce fait, à l'avantage commun sont les meilleurs prescripteurs et souvent les meilleurs découvreurs


"3) une troisième catégorie d’acteurs de l’Internet propose de construire de nouveaux réseaux et de nouveaux protocoles qui utiliseraient l’Internet comme une infrastructure de communication préexistante (approche de construction d'overlays fondés sur le réseau existant)."

Cette dernière description ne semble pas correspondre à la méthode que je préconise, pour l'observer au quotidien, et qui est de catalyser la capacité des utilisateurs à apporter des solutions qui leurs conviennent, de les écouter et d'aider les idées applicatives à se clarifier pour voir à quel moment elles peuvent parvenir au niveau architectural (où elles sont parfois là en attente), Internet ou pas.



Enjeux économiques de l’Internet du futur (commenté)

"L'Internet du futur est aujourd'hui au coeur d'un effort de recherche et d'enjeux économiques internationaux considérables tant au niveau académique qu'industriel. Cet effort est à l'origine d'importantes initiatives de la part d'organismes aux Etats-Unis tels la NSF1 (FIND, GENI) ou le DARPA (sur les communications sans fil), en Europe, la Commission européenne (ARCADIA, EIFFEL, EURO-NGI, EURO-NF, FIRE), ou de gouvernements (on notera en particulier les initiatives japonaises, coréennes, allemandes ou britanniques dans ce domaine) ainsi que la conférence ministérielle de la Présidence Française de l’Union sur l’Internet du Futur."

"Les enjeux économiques et industriels annoncés autour des évolutions à moyen et long terme de l’Internet sont considérables : essor de nouveaux secteurs d’activité et de nouveaux acteurs industriels et économiques (santé, transport, distribution, énergie, environnement), évolutions majeures de chaînes de valeurs pour certaines filières existantes, dépendance croissante pour l’ensemble des échanges économiques, qui constituent autant d’opportunités et de risques pour lesquels l’ensemble des acteurs économiques français doivent pouvoir se positionner efficacement."

"Les enjeux scientifiques sont, pour leur part, également de premier ordre puisqu'au delà des efforts graduels sur l'amélioration de l'Internet d'aujourd'hui, une fraction importante de la communauté scientifique réfléchit aux évolutions graduelles (ou incrémentales) ainsi qu’à la refondation de l’Internet. Il s'agit de concevoir les bases architecturales et algorithmiques nouvelles qui permettront de corriger les faiblesses structurelles du réseau, notamment dans le domaine de la sécurité, de l'adressage, de la qualité de service, des services en temps réel ou de la mobilité. Ces faiblesses liées au fait que l'Internet n'a pas été conçu en prenant en compte ces contraintes, sont susceptibles de mettre en péril la capacité de l’Internet à jouer son rôle de « réseau de convergence ». "

Les trois strates de communications évoquées plus haut sont également nécessaires et tout doit être fait pour être un leader dans chaque domaine de chaque strate ou couche, ou pour lui proposer une alternative transparente de service ou de technologie, mais la maitrise réelle du réseau final est celui de la couche la plus élevée car c'est elle qui décide du choix des alternatives technologiques pouvant être négociées.
Par là elle décide de la référence d'interopérabilité aux niveaux inférieurs et en définit donc le standard.
  • C'est tout le combat que j'ai dû mener contre l'"internationalisation" de l'internet par la langue anglaise, à commencer par l'"internationalisation" demandée par le BSI (Grande-Bretagne) de la norme fondamentale qu'est ISO 3166 (nom des états et leurs langues administratives qui décrit les références souveraines de l'humanité).
  • C'est le débat engagé le mappage entre Unicode, Google, Microsoft au groupe de travail IETF sur les points que nous avons engagés, où notre position favorise bien plus l'innovation et donc Google qui semble l'avoir compris (cf. le mail de son VP. Internet, Vint Cerf, en note d'introduction) que Microsoft attaché à protéger ses réseaux privés sous mDNS et DNS UTF-8.


Question 1 : Impacts à caractère économique et industriel

a) A l’horizon 2015-2020, quels sont les principaux nouveaux services, usages et applications qui viendront redéfinir le fonctionnement et l’utilisation de l’Internet dans vos domaines d’activité ? Quel peut-être l’impact économique de ces évolutions ? Quelles opportunités et quels risques anticipez-vous dans le cadre de vos activités ? Avez-vous déjà lancé des programmes/des nouvelles activités pour répondre au défi représenté par ces évolutions ?

Je crois à l'importance clé des utilisateurs pilotes et mon souci principal est l'adaptation de l'internet aux besoins des utilisateurs les plus innovants, qui sont des guides d'usage. A l'horizon 2010 je pense que la principale nouveauté de l'internet est la prise en compte de sa couche présentation avec la triple conséquence :

  • d'une vision de l'internet transférée vers des possibilités que tentait de bloquer la gouvernance en place,
  • d'un passage du support du contenu passif au support du contenu actif (services étendus - internet plus, "l'Interplus perçu comme un réseau intelligent", encapsulant l'Internet sans autre besoin que l'installation gratuite d'une "interplug" ou l'utilisation d'une "interbox" ),
  • d'une adéquation technique au support de l'intersem, l'internet sémiotique, l'internet des pensées.

Il est probable que les années 2015-2020 vont digérer ce changement et apprendre ce qu'est la facilitation sémantique, c'est à dire - au dessus de l'interopérabilité de bout en bout puis top au top (contenu actif), l'interintelligibilité en "tête à tête" et le support du cognitif.


b) Dans ce contexte, quels facteurs auront le plus d’impact dans la redéfinition de l’Internet et de son architecture ? Quelles éventuelles nouvelles formes celle-ci peut-elle prendre ? Quels sont les verrous à lever ?


Les facteurs les plus importants seront sans doute le découplage des couches du contenu passif (internet actuel) à celle du contenu passif et d'un nommage multiniveau (l'Internet Plus).

Les verrous à lever sont essentiellement d'ordre intellectuel. Il s'agit de voir autrement (souvent en fait "à la française") les systèmes existants : regarder, modéliser, comprendre. La coopération de linguistes, mathématiciens, sémanticiens, gens de réseau et de systèmes, etc. est nécessaire. Il y a une "école" dont il faut aider le démarrage et dont la France a sans doute plus que tout autre tous les éléments, car elle est en continuité d'une ligne de pensée depuis Poincaré, Thom, Culioli, etc. Par ailleurs, la langue française nous entraine plus que les autres langues à penser comme le demandent les systèmes de facilitation en réseau.

Le verrou est donc celui de la timidité scientifique française, le besoin d'un bouillonnement aidé et non d'un plan formalisé. Le Quartier Latin devrait devenir la Silicon Valley de la strate métacoms, comme Genève l'est aux télécoms.


Les six facettes de l'Internet du Futur (original intégré)

Les travaux relatifs à l’Internet du Futur peuvent être structurés autour de six facettes :

1. Internet et technologies du « coeur de réseau »
2. Internet des réseaux d’accès, y compris les accès mobiles et nomades
3. Internet des réseaux spontanés
4. Internet des objets
5. Internet des contenus
6. Internet des usages et des services

Les six facettes, décrites plus précisément à l’Annexe 1, sont caractérisées par des échelles de temps et des enjeux économiques très différents. Les deux premières (cœur et accès) et les deux dernières (contenus et services) sont associées à des enjeux industriels immédiats, majeurs et bien identifiés, même si les modèles économiques associés sont très différents dans chacun des cas. L'Internet des objets et des réseaux spontanés (facettes 3 et 4) concernent probablement les moyens et longs termes dans la mesure où les modèles économiques sont à créer. Ces deux facettes sont cependant porteuses de mutations économiques et technologiques profondes.


L’Internet et technologies du coeur de réseau (original)

Cette approche, fortement soutenue par la communauté GENI aux Etats-Unis consiste à construire un réseau de coeur surdimensionné, simple, rapide, qui pourra par exemple être ensuite virtualisé pour construire une multitude de réseaux virtuels optimisés pour les besoins d'une famille d'utilisateurs ou d'un type d'applications.

Pour rappel, l’architecture technique actuelle de l’Internet repose notamment sur l’utilisation d’identifiants techniques qui permettent aux informations d’être acheminées au travers des différents réseaux constitutifs de l’Internet et à l’ensemble des composants de réseaux d’être identifiés de manière unique. Ces identifiants incluent entre autres les adresses IP (Internet Protocol) et les noms de domaines (tels que les extensions sous le .fr ou le .com, par exemple). Concernant les adresses IP, une évolution majeure à court et moyen termes est déjà annoncée, puisque les adresses actuellement utilisées (IP Version 4, IPV4) seront dans les toutes prochaines années épuisées ; la mise en oeuvre des adresses IPV6 (dont le nombre est très important et devrait couvrir les besoins pour les prochaines décennies) dans l’ensemble des composants du réseau (tant au niveau physique que logiciel) s’annonce comme un passage obligé pour l’ensemble acteurs du secteur. Concernant les noms de domaine, leur évolution annoncée tant en nombre qu’en nature (aujourd'hui seuls les caractères latins sont utilisés) pourra avoir un impact sur l’architecture future du réseau.

Au-delà de ces aspects liés aux identifiants techniques de l’Internet, l'évolution des routeurs et des liens à haut débit utilisés dans les cœurs de réseaux aura un impact majeur sur l'Internet du Futur. L'ensemble sera fondé sur l'optique. Cet axe fort de la communauté scientifique américaine est en symbiose avec l'industrie américaine dans ces domaines (CISCO) qui voit un futur avec des routeurs virtualisés et programmables. Cet axe est aussi considéré comme majeur dans les visions asiatiques ainsi que dans la vision européenne (cf. le Call 1 du 7ème PCRDT) à laquelle adhèrent de nombreux centres de recherche industrielle et des laboratoires académiques français (LIP6, INRIA, Institut Télécom) ainsi que certaines start-ups.

Il semble extrêmement difficile de concurrencer CISCO dans le domaine des routeurs de coeur et donc pas forcément rentable d’investir dans une telle démarche. Néanmoins, il est possible que le rôle de ces routeurs de cœur soit moins prédominant dans les architectures de l’Internet du Futur. D’une part, l’optique est en pleine évolution et la commutation optique (commutation optique de rafales, commutation optique de flux) est proche de devenir intéressante tant du point de vue technique qu’économique. D'autre part, des approches de routage sémantique, basées notamment sur des solutions du type « application and/or traffic awareness » déployées en overlay sur la « couche » IP réduiront également la prédominance du pur routage IP. En conséquence, la couche IP restera pendant des décennies, mais elle sera moins prédominante en ce qui concerne certaines fonctionnalités centrales de l’architecture, comme le routage. Elle sera attaquée de bas en haut par l’évolution de l’optique et du haut vers le bas par des overlays intégrant des approches innovantes de routage et de contrôle du trafic. La couche optique permettra de réduire le rôle de l’IP à l’encapsulation et l’adressage pour l’identification des flux et au support des architectures de service typiques de l’Internet. Bien sûr les fonctions de ces overlays pourront à terme descendre dans les routeurs qui par ailleurs pourraient intégrer des solutions de commutation optique. Ce domaine ouvre donc de nombreuses opportunités qui doivent être analysées dès maintenant.

Un des principaux problèmes du coeur de l’Internet (et des réseaux IP en général) est le routage inter- domaines. L’approche actuelle limite sérieusement la possibilité d’offrir des services de bout en bout en s’appuyant sur plusieurs fournisseurs de service, problème considéré comme majeur par les opérateurs, notamment dans le contexte des services aux entreprises de type VPN. Des solutions basées sur des overlays de routage inter-domaines sont à l’étude et représentent des opportunités de développement économique pour l’industrie française.

Les questions plus globales d'architecture du réseau du futur, qui sont au centre de l'approche de refondation, concernent la mobilité, la sécurité, le nommage et l'adressage, les nouvelles formes de routage, les interactions entre le réseau et les services, et plus généralement la distribution de l'intelligence entre CPE, réseau et services.

Parmi les points forts en France, citons tout particulièrement la position d'Alcatel-Lucent sur l'optique.


L'internet des réseaux d'accès y compris les accès mobiles et nomades (original)

Les réseaux d'accès permettent aux particuliers et aux entreprises de se connecter à l’Internet et d'accéder aux services. Ces réseaux sont responsables pour une grande part du succès de l’Internet et leur évolution vers le haut débit a permis le déploiement de nouveaux services tels que le triple play (l'offre Internet, Téléphonie et Télévision sur DSL). La conception et le déploiement de réseaux d'accès adaptés à l'évolution des besoins des utilisateurs de l’Internet est un enjeu majeur notamment dans le contexte :

  • de l'amélioration des débits de l'accès sans fil (développement de nouvelles interfaces radio à 100 Mbit/s puis 1 Gbit/s) ;
  • d'une meilleure utilisation du spectre notamment dans le contexte de la radio flexible et/ou cognitive et de l'auto-organisation des diverses technologies d'accès (2G, 3G/CDMA, LTE, WiFi, WiMax, Satellite, etc.) ; * du développement du FTTH/FTTO (super PONs, fibres plastiques) ;
  • du développement des réseaux communautaires et familiaux (on parle de home networking ou de groupes fermés d'utilisateurs) ;
  • de la convergence des services entre les réseaux fixes et mobiles ; de la mobilité globale des services avec le maintien des services lors de la traversée de barrières technologiques ou entre opérateurs et lors du changement de terminal ;
  • des modèles économiques pour des réseaux entièrement ouverts, notamment dans le contexte du sans fil.

Même si de nouvelles technologies de communications doivent être déployées pour répondre aux demandes de milliards d'utilisateurs mobiles, toujours plus « connectés » chaque jour, Internet restera « le » réseau de convergence grâce à sa technologie simple et flexible.

Les réseaux d'accès fixes sont historiquement construits sur l'infrastructure téléphonique (DSL) et sur le câble. Plus récemment, l'évolution des réseaux d'accès sans fil a connu un développement explosif (il y a plus de 2 milliards de téléphones portables dans le monde). Leurs évolutions futures, ainsi que celui des réseaux d'accès en fibre optique sont à fort impact industriel, économique et social.

Parmi les points forts de la France sur ces sujets, citons :

  • la position d'Alcatel sur le DSL (leader mondial sur les multiplexeurs d'accès et plus généralement sur l’infrastructure de distribution du triple play") et le FTTH/FTTO ;
  • la position de numéro 1 mondial de Thomson dans le triple play et bientôt le nPlay, qui offre une palette de nouveaux services ; la performance de Thomson et Sagem dans les équipements d’accès large bande (gateway) évoluant vers de véritables routeurs domestiques supportant une variété de services ;
  • les travaux de l'Institut Télécom et de Supelec sur les couches physiques, le codage et le traitement du signal ;
  • les travaux de l'INRIA sur les protocoles pour l'accès sans fil et de l'Institut Télécom sur les réseaux cellulaires. Alcatel-Lucent et l'INRIA viennent d'annoncer la création d'un laboratoire commun INRIA-Bell Labs sur les protocoles d'auto-organisation dans les réseaux d'accès sans fil de type cellulaire ;
  • La présence réelle de ST Microelectronics sur certains composants notamment pour le traitement de flux vidéo MPEG.

De manière plus générale, l'Europe dispose d'atouts importants dans ce domaine, notamment un marché intérieur dynamique et bien équipé ainsi que de compétences reconnues internationalement.


L'internet des réseaux spontanés (original)

Les réseaux spontanés (en anglais spontaneous networks) sont des réseaux qui se créent et s'organisent automatiquement et de manière opportuniste, selon les technologies de transmission disponibles, les appareils à connecter et les services requis. Dans le domaine filaire, l'exemple le plus connu est la création d'une communauté, puis la gestion automatique de l'autonomie de cette communauté. Dans le domaine du sans fil, ils permettent à des individus de communiquer et d'échanger du contenu en l'absence d'infrastructure et de service centralisés. Les domaines d'applications sont multiples. On peut maintenant envisager des réseaux sans fil sans opérateurs ; on utilise aussi ces architectures pour créer des réseaux spécifiques pour le domaine de la défense et des situations de crise. Parmi les premières incarnations des réseaux de ce type, citons les réseaux mobiles ad hoc (MANETS), les réseaux tolérants aux délais (DTN) et les réseaux maillés Wi-Fi.

L'Internet des réseaux spontanés sans fil est caractérisé par une très grande hétérogénéité de technologies de communication, de bandes passantes, et par l'absence de connectivité continue. Les réseaux de ce type posent des problèmes difficiles qui demanderont notamment :

  • La prise en compte d'une connectivité aléatoire avec notamment la redéfinition du routage ;
  • Des protocoles de communication prenant en compte les propriétés du lien radio et fondés sur une conception intégrée (cross-layer integration) ;
  • Des besoins nouveaux en termes de gestion de la mobilité, de maintenance et de pérennité des données, etc.

Si les enjeux militaires sont particulièrement importants dans ce contexte, l'organisation de réseaux spontanés véhiculaires (automobile, aérien) est un des vecteurs de développement les plus prometteurs du point de vue économique.

Parmi les points forts en France, il convient de citer :

  • De très bonnes équipes de recherche sur le pair-à-pair (Thomson, Paris 6, Paris 7, INRIA) ;
  • OLSR (« Optimized Link State Routing ») un protocole de routage pour les réseaux mobiles ad-hoc conçu par l'INRIA et qui est très largement utilisé dans la communauté réseaux, entre autres par les militaires (US Navy, US Army, CELAR, DGA) et dont la version finale OLSRv2 sera bientôt un standard IETF ;
  • La forte présence du LIP6 (UPMC) et de Thomson dans le cadre du programme SAC (Situated and Autonomic Communications) et des programmes européens IST FET. La présence des industriels et des académiques dans un nombre important de projets collaboratifs en tant que leader ou contributeur (Orange, Thales, CNRS, INRIA, Institut Télécom), notamment sur les réseaux véhiculaires.


L'internet des objets (original)

L'Internet des objets est le résultat de l'interconnexion du monde physique et de l’Internet au moyen de capteurs et de contrôleurs légers qui seront distribués sur une large échelle dans les véhicules, les équipements fixes, les milieux en mouvement, la grande distribution, etc. Il est probable que l'Internet du Futur incorpore des centaines de milliards de tels objets dans l'avenir à des fins d'observation, de contrôle, de développement de nouveaux services (habitat, sécurité, grande distribution, trafic routier, écologie, etc.).

L'émergence de cet Internet des objets et de l'informatique diffuse dont il permettra le développement sont souvent cités comme les événements potentiellement les plus disruptifs dans tous les axes évoqués sur le futur de l'Internet :

  • de par la création d'un gigantesque flux d'informations supplémentaires,
  • de par la règle qui stipule que les revenus générés par un réseau sont proportionnels au carré du nombre de ses nœuds.

Ces objets étant souvent petits et mobiles, la gestion économe de l'énergie est de toute première importance.

Dans le contexte particulier des étiquettes électroniques (RFIDs), l'idée est de "tout marquer" : produits et/ou palettes, équipements, etc. soit avec des tags passifs à faible coût (actuellement les RFIDs sont des dispositifs passifs qui réagissent à une stimulation électromagnétique), soit dans le futur avec des tags actifs, éventuellement munis de GPS.

Une des premières applications est la gestion des stocks et de la production.

L’Auto ID Center, fondé au MIT en 1999 avec des financements industriels, avait déjà parmi ses objectifs celui de développer les standards permettant le déploiement massif de la RFID dans le domaine de la production et de la distribution, en remplacement des codes-barres, et cela afin d’améliorer l’efficacité des chaînes de production et de distribution. En 2003, l’auto ID Center est devenu :

  • d’une part, l’Auto ID labs (groupement de 7 laboratoires universitaires travaillant dans le domaine, dont deux Européens, un à Cambridge au Royaume Uni et l’autre à l’ETH en Suisse) ;
  • d’autre part, l'EPCglobal http://www.epcglobalinc.org (EPC, Electronic Product Code), une organisation liée au GS1, qui est lui-même un organisme centré sur le contrôle de production http://www.gs1.org. Le comité de Direction de l'EPCglobal, présidé par Cisco, est composé de représentants de diverses multinationales ainsi que d’un représentant du Secrétariat à la Défense américain, des représentants des GS1 de divers pays dont la France et d’un des fondateurs de l’Auto ID Center, qui est toujours au MIT.

L'interface entre les mondes physique et numérique exige des approches nouvelles en termes d'architecture, de bases de données, de collecte de l’information, de gestion de la mobilité, de maintenance et de pérennité des données, etc.

Les standards de l'EPCglobal définissent en particulier les codes (EPC) et les services d’information (EPCIS, EPC Information Services). L’idée de base étant que les RFIDs ne pourront pas transporter l’ensemble des informations relatives aux objets et à leurs histoires et donc ces informations seront localisées de manière distribuée dans divers serveurs gérés par les divers acteurs de la chaîne de production et de distribution de l’objet. Se pose donc la question de comment associer le code (EPC) d’un objet avec la localisation des informations le concernant. L’architecture définit également l’ONS (Object Naming Service). Ce service permet d’associer un EPC avec la localisation de l’organisation qui a attribué le code à l’objet, en général le fabriquant de l’objet. L’architecture de l’ONS est basée sur le DNS et plus particulièrement sur le domaine « .com ». Le code est d’abord traduit dans un nom de domaine « .com », puis le DNS est consulté pour obtenir les informations recherchées. Les serveurs ONS font ainsi partie de l’arborescence DNS. La racine de l’ONS est aujourd’hui administrée par l’entreprise VeriSign (qui gère également le domaine .com). Il est à noter qu’une racine française de l’ONS a été créée en mars 2008. L’intérêt majeur de la technologie de l’ONS est de permettre à l’ensemble des acteurs de la chaîne de fournir des services d’information et notamment de permettre une intégration de ces services. Diverses informations pourront être obtenues sur les objets et leur histoire. En particulier les RFIDs pourront fournir des informations de localisation et les informations de plusieurs RFIDs pourront être associées. Un champ de recherche important sera lié à la mise en place d’une architecture distribuée pour les serveurs racines de l’ONS. Cela devrait permettre de limiter la dépendance des entreprises européennes vis à vis des infrastructures américaines de l’ONS.

Les aspects technologiques sont aussi de première importance. La technologie NFC (Near Field Communication) permet de faire communiquer des cartes à puce sur des distances de l'ordre de la dizaine de centimètres et ouvre des perspectives nouvelles non seulement pour le contrôle de production, mais aussi pour le paiement, les transports, le contrôle-commande.

Parmi les projets industriels dans ces domaines, on peut citer le projet Walmart aux Etats Unis; le projet de tag de l'ensemble des équipements militaires américains d'ici 2010, le projet Air-France ADP, etc.

Dans le futur, les puces RFID seront capables de communiquer à travers des interfaces basées sur des technologies de communication sans fil de courte distance, de s’auto découvrir et de constituer de manière spontanée et opportuniste des réseaux permettant d’échanger les informations concernant les objets auxquels ils sont associés. Au delà de la gestion de la production et de la distribution, ces technologies seront à la base du développement de l’informatique diffuse ou « ambiante », qui sera organisée en réseau et répondra à des besoins variés des utilisateurs : transports intelligents, santé, domotique ou applications liées au tourisme ou au développement durable.

Les enjeux économiques de ces technologies pourraient se révéler cruciaux pour les économies européennes. Le plus direct et évident est la réduction significative des coûts de production et de distribution. Dans certains secteurs des gains de productivité importants peuvent en effet être réalisés. Mais l’évolution vers les puces RFID actives telles que décrite plus haut ouvre la porte à une multitude de nouveaux services. Ces services pourront améliorer significativement la qualité de vie des citoyens. L'Internet des objets est un exemple clair où la non participation aux évolutions technologiques permettant la mise en œuvre de nouvelles chaînes de production et de distribution peut laisser au bord du chemin une partie de l’économie du pays.

Parmi les points forts en France dans ces domaines, citons :

  • la technologie HF (Haute Fréquence) pour les RFID, qui est une des meilleures technologies au niveau mondial (alors que la technologie UHF retenue aux Etats-Unis est moins bien adaptée aux besoins de l'Internet des objets) ;
  • la position de GEMALTO ;
  • les travaux de plusieurs équipes universitaires (dont POPS au LIFL/INRIA Futur).


L'internet des contenus (original)

L'évolution de l’Internet et son succès suivent l'évolution des contenus accessibles grâce au réseau. Si le web était avant tout un outil de transfert de fichiers, on a vu apparaître dès la fin des années 80 des applications temps-réel sur Internet: jeux, vidéo, téléphonie... Aujourd'hui, la télévision, la vidéo à la demande et la téléphonie sont des contenus classiques sur Internet, à la fois en accès fixe et en accès mobile.

La diversification des contenus pose différents types de problèmes au réseau, en particulier pour un transport efficace et rapide et pour une mise à jour facile et permanente des contenus.

  • Il faut créer et coder des contenus adaptés afin qu'ils soient consultables sur chaque type d'appareil, en utilisant différents types de réseaux d'accès, en déplacement ou à domicile. Ceci est source de complexité en ce qui concerne le codage, le stockage, le transport et la restitution des contenus. Les techniques de codage conjoint source(s)-réseau(x) sont très importantes dans ce domaine.
  • La transmission par paquets, les protocoles de contrôle de congestion, l'hétérogénéité des débits de transmission rendent difficile le contrôle de la qualité du service rendu. Contrôler la qualité de service requiert un monitoring précis du réseau, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui. Cela peut nécessiter aussi la mise en place de nouvelles technologies aussi variées que les CDN (afin de réduire les temps d'accès) ou les VPNs (afin d'isoler les flux) potentiellement associés à de la différentiation de services.
  • La simultanéité de l'avènement de la mémoire bon marché, du coût réduit des ordinateurs et de l'accès DSL haut débit a permis à chaque utilisateur final de développer son propre serveur de contenu. De là sont nées les technologies dites de transmission de pair-à-pair qui remplacent progressivement le modèle client-serveur de l’Internet. Il devient donc facile de générer et de distribuer des contenus. Les problèmes posés par le foisonnement des contenus générés par les utilisateurs sont nombreux: (1) contrôle de la nature du contenu ; (2) sécurisation des droits de propriété et de reproduction ; (3) mise à jour de ces contenus, et élimination des contenus obsolètes ; (4) accès à ces contenus grâce à des interfaces standards de type navigateur Internet.
  • La mise à jour rapide du contenu est un problème majeur. Il devient nécessaire d’indexer et de structurer ces bases de connaissances. Il convient ensuite d’interagir avec ces objets numériques : requêtes, apprentissage, web sémantique, stockage en réseau, mécanismes de caches. Enfin, il faut pouvoir effacer les informations obsolètes. Aujourd'hui, une grande partie des informations stockées sur Internet est obsolète et aucun moyen simple ne permet de le savoir.
  • La question de la pérennité des contenus est aussi un enjeu majeur. Chaque année, une quantité d'informations telle est produite sur Internet que la mole de bits n'est plus une unité absurde (alors que l'ensemble des textes de l'antiquité gréco-romaine tient sur un DVD). Comment évaluer la valeur de ces informations? Comment pérenniser la partie de cette masse d'informations ayant une valeur ? Comment procéder sur le moyen terme ou sur les très longs termes (échelles historiques)? Dans ces domaines, les enjeux économiques et scientifiques sont à la fois considérables et protéiformes. Des nouveaux contenus (réalité augmentée, jeux en réseau, etc.) sont à la base d'applications développées par les utilisateurs, et font émerger de nouveaux modèles économiques. Le moment est bien choisi pour développer les technologies liées aux différentes formes de traitement des contenus (au sens physique et au sens sémantique), afin de permettre le développement de nouveaux services et de nouveaux usages.

Les contenus se sont jusqu’ici adaptés aux moyens de transmission et en particulier au protocole IP. Cette approche est en train d’évoluer et les moyens de transmissions, ainsi que la technologie du réseau, doivent aussi évoluer pour permettre un transport du contenu dans de meilleures conditions.


L'internet des usages et services (original)

Le service « historique » fourni par Internet est l'accès à des fichiers stockés sur des serveurs. Or les contenus et leurs traitements évoluent, et plus encore la façon de les consulter via l’Internet.

Le web des documents que nous connaissons actuellement se transforme en interface universelle d'accès à aux contenus et aux services de l’Internet. Il est devenu par ailleurs facile de créer sa propre application avec des langages comme Ajax et de la mettre en ligne à partir de son propre PC et d'une ligne DSL.

Si la diversité des services pose des problèmes de cohabitation des contenus sur le réseau, c'est avant tout la création de services et d'applications nouvelles qui reste l’enjeu majeur de l'Internet du Futur. De nombreux outils restent à inventer, ainsi que des applications nouvelles. Nous avons assisté récemment au succès des réseaux sociaux comme, FaceBook, Twitter ou LinkedIn. Bientôt, au delà des communautés basées sur la réalité virtuelle comme SecondLife ou les jeux en ligne, c’est la réalité augmentée, les réseaux de capteurs, ou la téléprésence qui accompagneront les utilisateurs dans leur vie quotidienne et offriront une gamme encore plus variée d'applications et de services. Ces applications doivent permettre d’accéder à des données stockées n'importe où sur le réseau. C'est l'architecture du Web qui est remise en cause, car cela revient à remettre en question la notion de "serveur" en remplaçant ce dernier par une multitude de services sur des sites différents qui, une fois assemblés, fournissent l'application finale. On ne peut plus parler de serveur car le contenu peut être stocké ou émis depuis un téléphone portable ou un terminal personnel. Pour ce faire, il conviendra de résoudre des problèmes complexes d'interopérabilité des API et des services. Des réseaux virtuels privés avec des contraintes spécifiques aux applications devront être créés. Les différents aspects de la sécurité des personnes et des données posent aussi des problèmes importants aux utilisateurs : qui croire ? où et comment stocker des données personnelles ?, comment protéger son contenu, etc.

La conception d'overlays applicatifs passant à l'échelle est un des aspects clés du développement des nouveaux services. Un tel overlay est un intergiciel déployé sur un réseau permettant l'exécution d'une tâche commune par un très grand nombre de pairs qui peuvent être tour à tour processeurs, relais, mémoires, etc. (ce processus est souvent nommé « cloud-computing»). Grâce à de tels overlays, le réseau lui-même devient à la fois calculateur universel, mémoire universelle et bibliothèque ouverte de toutes les applications; en un mot, il devient le siège d'une nouvelle forme d'intelligence collective. Plus concrètement ces mécanismes permettront aussi une virtualisation de la couche applicative et en particulier le développement de réseaux privés, sécurisés, optimisés pour un usage ou un utilisateur, sur une infrastructure commune. Ils nécessitent des travaux de recherche fondamentale en algorithmique distribuée.

Un des enjeux centraux est la conception d'architectures de communication et de terminaux spécifiques à ces nouveaux services et aux nouveaux contenus qui leurs sont associés. Les applications pourront tirer parti d’informations de localisation de l’utilisateur, ou lui proposer des services dépendant du contexte (« contextaware ») ou de son profil utilisateur. Par ailleurs, de nouvelles idées d’architectures vont certainement émerger autour de modèles proches des réseaux programmables.

Pour complexifier cette situation, les utilisateurs veulent désormais accéder à une multitude de services sur de nombreux types de terminaux (console de jeu, téléphone, ordinateur, etc.). Ils veulent aussi connecter tous les objets à l’Internet: électronique grand public, capteurs divers, véhicules, etc. Il est par conséquent nécessaire de placer l'Internet du Futur dans un contexte de mobilité généralisée (entre technologies, domaines administratifs, terminaux, etc.), où les services de communication sont fondés sur la localisation des usagers.

En résumé, nous sommes à une période charnière entre l'Internet technologique et l'Internet des nouveaux services et des nouveaux usages. Notre économie doit saisir les opportunités qui sont associées à ces mutations.

Les moteurs de recherche resteront dans l'Internet du Futur un enjeu essentiel. Ils sont en effet devenus l'une des "infrastructures" essentielles de l’Internet, et sont devenus pour les contenus et les services ce que les serveurs de DNS sont pour les réseaux IP. Le lien historique fort entre moteurs de recherche et régie publicitaire (le trafic de recherche étant une condition indispensable au "boostrapping" d'une régie publicitaire Internet), ce service d'infrastructure technique (ou d'usage) est devenu également un service de nature économique, une sorte de "banque de l'Internet", ce qui et financés par la publicité. C'est ce qui rend l'existence d'une pluralité d'acteurs compétitifs aussi critique. Il est en particulier souhaitable que l'Europe soit présente dans le secteur des moteurs de recherche du futur, car l'indépendance à terme de l'ensemble de l'économie numérique européenne et de ses acteurs est fortement liée à l'existence, ou la possibilité d'existence de régies indépendantes et de services à haute valeur ajoutée sur Internet.

Dans le contexte de contenus toujours plus variés et riches, dont tous les contenus multimédia (voix dans les podcasts, vidéo, musique, etc.), l'un des enjeux majeurs pour les moteurs va être d'indexer les "média riches" d'une manière intelligente, par exemple en indexant la transcription textuelle des podcasts ou de la bande son des vidéos, ou encore en faisant une indexation sémantique des images (en utilisant les pixels de l'image et non seulement le texte autour de l'image, comme c'est le cas aujourd'hui). C'est l’objectif du projet QUAERO initié par l'AII et financé maintenant par OSEO que de s'assurer que les sociétés européennes possédant un savoir-faire en la matière se fédèrent pour espérer pouvoir commercialiser des produits leur permettant de rester compétitifs sur un marché devenu hyper-concurrentiel.

Le foisonnement actuel dans le domaine des services, qui n'est pas pleinement pris en compte dans les plans de GENI et FIND, devrait être une force d'entraînement bien plus déterminante pour le futur des architectures de réseaux que celles considérées dans ces programmes. Il peut être plus intéressant et opportun de développer en Europe la recherche sur les services Internet et de déduire de celle-ci des architectures de réseaux innovantes que de suivre l'approche qui consiste à développer des tuyaux et à voir ensuite quels services cela rend possibles. Et même si la France est de moins en moins présente dans le domaine des terminaux, le développement d'applications utilisant les nouvelles fonctionnalités des terminaux est une voie pleine de potentiel.

Tout comme aux Etats-Unis durant ces deux dernières décennies, une nouvelle industrie et de nouveaux modèles économiques vont émerger d'une part des laboratoires de recherches académiques et industriels et d'autre part en fonction des pratiques des internautes. Il est important de noter qu'une part importante des nouveaux services à haute valeur ajoutée est fondée sur des idées où l'innovation technologique en tant que telle joue un rôle limité (Facebook, Myspace, LinkedIn, Twitter).

A chaque fois que des potentialités nouvelles ont été créées sur les réseaux, soit par le développement du nombre d’utilisateurs (propice à l’émergence de services marchands ou non), soit par la croissance des débits (ouvrant notamment accès au transport de l’image animée) ou encore par l'amélioration de leur fiabilité (permettant le transport de la voix et de l’image en temps réel), les usages ont exploité les capacités techniques des réseaux jusqu’à leurs limites. Une des voies nouvelles à explorer concerne la réduction de la latence des réseaux. Cela pourrait se révéler indispensable pour le développement des technologies de réalité augmentée ou de simultanéité à distance.


Questions 2 :

a) Pensez-vous que les six thèmes proposés recouvrent de façon claire et exhaustive l’ensemble des aspects relatifs au concept de l’Internet du Futur ?

L'on peut toujours vouloir définir des thèmes d'usage prioritaires. Ils ont peu de sens s'ils ne se fondent pas sur la maitrise du pivot central profond. Le changement d'un bit au bon endroit peut résulter en un changement de l'architecture réseau sur laquelle se fonde une filière. Cette filière est donc en danger de ce bit si celui-ci n'est pas contrôlé.

Il est donc à mon humble avis nécessaire de partir des technologies et sujets de souveraineté et de veiller dans chaque filière à tenir compte des apports réciproques avec les technologies et possibilités de l'internet.


Toutefois, il ne s'agit pas tant de catégorisation. L'on pourrait parler de "plans" au sens d'au plan sécurité, au plan RFID, etc. car tout se tient nécessairement. Une catégorisation semble aller à l'encontre de l'esprit d'un système distribué, innovant, etc. Une image est de comparer l'internet à la mer. Nous ne développons une nouvelle mer du futur, mais la maitrise de nos intérêts maritimes nationaux implique une attention de tous au fait maritime.


Sinon, quelle(s) autre(s) catégorisation(s) ou autres thèmes de recherche proposeriez-vous ?

Les facettes de souveraineté, de Défense cybernétique, d'Intelligence économique, de la convivialité locale, sémantique et du nommage, des solutions alternatives, de la bionique, de la domotique, des systèmes utilisateurs, etc.

Il semble en particulier préoccupant que le gouvernement qui n'a pas su répondre à la moitié des questions posées, estimées nécessaires selon france@large à une bonne gestion de la virtualité française par le nommage (candidature à la gestion du ".fr", proposition d'un débat national sur plan de nommage internet (PNI)), ne considère par l'aménagement et la défense du territoire virtuel national et celui de ses alliés.

Une autre préoccupation majeure est l'absence de référence à l'objectif fondamental que s'est consensuellement assigné le monde lors du Sommet mondial de la Société de l'information d'une société de l'information, et donc de son réseau, qui soit "people centric, à caractère humain, centrada en la persona"


b) Parmi les thèmes identifiés, quels sont ceux qui vous semblent les plus porteurs en termes stratégiques ou économiques ? Quels sont dans chacun des thèmes les travaux à mener ?

Le plus porteur est absent. C'est celui de la facilitation de l'interintelligibilité réticulaire. Le reste est périphérique à la maitrise de ce qui est le cœur des technologies de communications. On ne communique pas pour s'écouter, ni même pour s'entendre, mais pour se comprendre.

Une fois ce coeur correctement géré, les compétences externes qui pourront s'agréger permettront de concrétiser. La coopération sera sans doute difficile au début de chaque innovation centrale, car non encore validée et pouvant affecter des résultats prometteurs dans un contexte remis en question. Cette situation doit être si possible préparée.

Nous sommes avec la strate internet à la fois dans l'investissement lourd (commutateurs, infostructure, multimédia, applications, etc.) et léger (concepts architecturaux permettant de réduire les coûts de déploiement et de développement). La relation de ce que le document appelle "Internet" avec ce que je conçois comme l'Intersem est parallèle à celle des opérateurs téléphoniques avec cet Internet.

Que cette relation s'institutionnalise en France me paraitrait convenable.


c) Selon vous, sur lesquels de ces thèmes la France et l’Europe sont à ce jour le mieux positionnées (équipes déjà constituées, brevets, compétences mondialement reconnues, …) ? Sur lesquels serait-il important que la France et l’Europe concentrent leurs efforts ?

La force de la France est aujourd'hui François 1er. C'est à dire une façon de comprendre la langue française (comme langue de la loi égale à tout le monde) qui nous donne 470 de travail en commun et d'avance dans la pratique de la métalangue et dans la façon de penser des systèmes répartis, tels que ceux que nous avons maintenant à imaginer, construire et à exporter. Ceci nous donne la capacité de comprendre plus vite et mieux la gestion de chacune des facettes évoquées. Il est bon d'y être présents, mais il est important de convenir dès l'abord que toute avancée sémantique sera explorée par les développeurs de ces "facettes" et non pas bridée.


d) Présentez les équipes et moyens que vous dédiez (ou pensez dédier à court et moyen terme) à chacun des thèmes liés à l’Internet du Futur et compléter autant que de besoin le tableau présent à l’Annexe 1. Quels sont, pour votre entité, les thèmes prioritaires ?

france@large est une micro-association typique de la sociétalité des réseaux. Elle n'a pas d'équipe ni de moyens à dédier. Elle ne peut que faire, catalyser, susciter. A ce titre elle a créé et projette l'IUCG au sein de l'IETF (http://iucg.org) pour catalyser l'avancée du réseau des utilisateurs et des trouveurs (elle est certainement aussi ouverte aux chercheurs).

Elle a engagé le projet FGI-FR (Forum de la Gouvernance française de l'Internet) pour tenter de faire bouger la communauté française de l'Internet. Elle a lancé le projet.fra comme banc test d'une ontologie culturelle ouverte dont l'adressage sémantique fondé sur le plan de nommage est la taxonomie.

Son propos est très simple, c'est celui de l'internet de la banalité, pour chacun, par chacun.


Des axes de travail transversaux pour une approche globale

L’Internet du Futur devra permettre le fonctionnement d’applications, de services et d’usages encore plus hétérogènes qui nécessiteront des débits en augmentation constante; alors qu’historiquement, les contenus se sont souvent adaptés aux moyens de transmission, les architectures et choix technologiques qui seront faits pour l’Internet du Futur devront prendre en compte de manière native les nouveaux usages : interconnexion de la plupart des objets qui nous entourent, développement de réseaux spontanés ; développement des réseaux sociaux et de la connaissance partagée…Il est probable que le foisonnement actuel des services s’amplifie et devienne le principal moteur de l’évolution des architectures de réseaux. La recherche sur les services, les contenus et les usages deviendra alors cruciale.

Ces évolutions militent pour une interaction forte entre les chercheurs, les industriels et les PME innovantes qui devront opérer les choix technologiques structurants pour les réseaux et les services du futur et les utilisateurs et les citoyens.

Dans ce contexte, il est possible, indépendamment des six thématiques proposées, d’identifier des axes de travail transversaux qui pourraient être les suivants :

  • Architecture :, Sécurité, Contrôle de congestion, Temps réel, approche « clean-slate », Qualité de service.
  • Technologie : Optique, Radio, NFC, RFID, capteurs, Energie (réseau électrique intelligent), Interfaces (réalité virtuelle et augmentée, interfaces tactiles).
  • Modélisation : Mathématiques des réseaux, Théorie de l'information, Codage, Traitement du Signal, Simulation.
  • Métrologie : Sondes actives, Méthodes passives, Tomographie, Analyse statistique, Détection d'anomalies.
  • Plates-Formes.
  • Algorithmique sur réseaux: Pair-à-pair, Algorithmique distribuée, Indexation
  • Gouvernance, Economie des réseaux, Usages.


Question 3 : Choix méthodologiques pour aborder les évolutions de l’Internet du Futur

a) Pensez-vous souhaitable d’aborder les travaux sur l’Internet du Futur d’une manière globale/transversale et concertée entre les différents acteurs, comme cela est ébauché ci-dessus ? A quel niveau convient-il de mener les travaux (national, européen, international et avec quel type de collaboration) ? Si une approche segmentée (par exemple de type réseaux/applications/services) vous paraît plus pertinente, pourriez-vous en indiquer les principales raisons ?

Soyons directs et clairs. Les réseaux de communication n'ont aucun intérêt s'ils ne permettent pas une meilleure relation entre les personnes (la société de l'information doit être "people centric, à caractère humain, centrada en la persona" (Déclarations fondamentales du SMSI). Cela veut dire une chose simple : les systèmes téléinformatiques ne sont que des facilitateurs numériques périphériques au cerveau de chaque personne pour leur permettre une meilleure interintelligibilité, une meilleure performance noétique et donc une meilleure efficacité globale apte à leur permettre de traiter un monde au contexte de plus en plus complexe.

Cette complexité provient de deux éléments :

  • humain, c'est le nombre d'individus sur terre et donc de centres de décisions interconnectés
  • technique, c'est la performance des outils de facilitation qui permette une sophistication de plus en plus dense de la virtualisation, c'est à dire la perception du monde qu'en ont ou décident d'avoir ses usagers que nous sommes.

La survie des sociétés n'est pas seulement physiologique ou économique, elle est aussi culturelle. La société dominante sera celle qui maitrisera ses outils (aujourd'hui numériques) de facilitation intellectuelle et les imposera au reste du monde. Pour l'instant c'est ce que fait la société américaine faute d'opposant et en raison de sa relative simplicité.

A ce niveau, la technologie de souveraineté de la France (cf. Otto de Hasbourg) est la langue française. Disons que c'est l'OS des cerveaux français. D'abord parce que c'est celle que nous avons, mais aussi parce que (1) elle a de très sérieux atouts techniques que n'a pas la langue anglaise, (2) nous sommes habitués à l'utilisation et à une certaine maitrise des apports de l'OS anglais.

Notre recherche fondamentale, que nous partageons avec les autres membres de la Francophonie, doit être la compréhension du monde en français, vérifié par l'anglais (approche inductive) et sans doute validé par le chinois, ou le japonais (approche déductive).

b) Un certain nombre de considérations (par exemple en matière de sécurité, de qualité de service ou de gouvernance) devront être prises en compte le plus en amont possible dans les travaux de conception de l’Internet du Futur : selon vous, lesquelles et comment ?

L'internet du futur ne peut se concevoir qu'au service de l'Intersem, c'est-à-dire l'internet sémantique, l'internet des pensées. Celui-ci a des exigences fortes en matière de sécurité. L'analyse que je mène et la proposition que j'explore consiste à ajouter à l'internet actuel (et à ses évolutions, avatars, successeurs) un "internet des utilisateurs", c'est à dire des couches réseau qui soient dépendantes de l'usage et non du transport. Ceci conduit à ce que l'on peut appeler l'"Internet Plus" (pluggable layers user system), c'est-à-dire un Internet répondant aux besoins de l'Intersem à travers deux couches supplémentaires (non-OSI) et la révélation de sa couche OSI Présentation.

Ceci pose à la fois un gigantesque problème de sécurité et apporte des outils pour sa résolution. Il est probable que c'est dans cet espace qu'une architecture sécuritaire, éthitechnique (privilégiant une utilisation éthique), tournée vers la qualité de services (en compétition), et l'intégration des interfaces de Gouvernance (sociétale, politique, culturelle, ...) et d'adminance (gouvernance administrative, opérationnelle et technique) des espaces relationnels et de la quasi infinité de leurs présentations possibles.

La compréhension et la maitrise de ce domaine qui relève à la fois de la protection de la vie privée et de la pensée complexe (comment me protéger contre les déductions de l'intelligence réticulaire du réseau) est un sujet fondamental de souveraineté personnelle et des Etats.

c) De nouvelles industries ainsi que de nouveaux modèles économiques pourraient émerger tant du fait d’innovations en provenance des utilisateurs eux-mêmes (web collaboratif par exemple) que de PME innovantes par exemple: êtes-vous en mesure d’identifier dès aujourd’hui certains de ces futurs usages et services ? Comment s’assurer qu’ils seront pris en compte dès la conception de l’Internet du Futur pour une meilleure adéquation entre réseaux et les applications supportées par ceux-ci ? Ou au contraire faut-il prévoir un modèle minimaliste type « utilities » qui pourra s’adapter aux évolutions futures difficiles à modéliser ?

La communication humaine traite des échanges de signaux, de connaissances, de savoir et de compréhension. L'internet en tant que tel (niveau du réseau) sait transmettre des signaux et du contenu passif. Il s'agit maintenant de lui permettre de transporter du contenu actif, c'est-à-dire un contenu qui va bénéficier du savoir implanté dans le réseau avant d'être délivré. Nous entrons donc dans ce que la loi française appellerait "la communication publique et privée et les services en ligne".

Techniquement c'est une architecture qui reprend celle de mon département Tymnet Extended Services de 1985. La modélisation générale en est :

  • télécoms : transport électrique du signal - bande passante/matériels - l'interconnectibilité de prise à prise
  • datacoms : échanges logiques de contenu - protocoles/logiciels
    • interopérabilité de bout en bout (Internet) de contenus passifs (avec simulation applicative "Web.2.0" de la phase réseau suivante)
    • interutilisabilité "oeil pour oeil" (Internet Plus) de contenus actifs
  • métacoms : échanges sémantiques - noogitiels (usage réticulaire) - interintelligibilité en tête à tête.

Ceci ouvre une industrie de services pour l'offre et la gestion des services (NTICS, en cessant enfin d'oublier les services). En complément ceci ouvre un autre domaine qui est celui des interfaces utilisateurs intelligents, par exemple WII, Natal etc.


Actions à engager

Dans les parties suivantes, nous souhaitons recueillir votre avis sur des propositions d’action qui pourraient être mises en oeuvre en vue d’une meilleure coordination des efforts des différents intervenants français et européens (pouvoirs publics, universitaires, chercheurs, industriels…) et d’une participation française accrue dans les travaux menés au plan international.


Actions pouvant être lancées au niveau français

Création d’un « pôle académique » de recherche dédié

La France n’a pas d’université qui rivalise avec Stanford ou le MIT. Les bons chercheurs et enseignants veulent travailler avec d’autres bons chercheurs et enseignants. Se pose donc la question de l’opportunité de mettre en place en France un pôle académique de recherche de haut niveau exclusivement consacré à l’Internet du Futur à l’instar de ceux existants à Stanford ou au sein du Massachusetts Institute of Technologies. Une telle structure aurait vocation à fédérer les efforts français en matière de recherche dans le domaine de l’Internet du Futur. Elle leur permettrait d’atteindre une taille critique et aux acteurs français, de rivaliser avec une concurrence déjà bien ancrée. Enfin, bénéficiant d’une forte visibilité tant au plan national qu’international, elle serait davantage en mesure d’attirer les meilleurs étudiants tant français qu’étrangers.

Un tel pôle pourrait regrouper environ 60 chercheurs permanents, soit approximativement 5 sur chacune des 6 facettes de l’Internet du Futur et 5 sur chacun des 7 axes transversaux (voir la liste ci-dessous). Ce pole pourrait, par exemple, être l’extension d’un laboratoire existant auxquels plusieurs acteurs s’associeraient

Thèmes :

Au vu des domaines identifiés (comme explicités dans la première partie de ce document), les thèmes suivants pourraient par exemple être retenus:

  • Internet et technologies du « Coeur de Réseau » : Architecture, Optique, Fiabilité, Design de routeurs, Routage, Nommage, Adressage, Virtualisation, Overlays, Qualité de Service.
  • Internet de l'Accès : Théorie de l'Information, Codage, Couches physiques, Gestion du spectre, Radio cognitive, Contrôle de puissance, ABC, Domotique, Mobilité, Géolocalisation.
  • Internet des Réseaux Spontanés : Capacité, Connectivité, MAC, Routage, MANETs, DTNs, Mailles Wi-Fi, Réseaux véhiculaires.
  • Internet des Objets : NFC, RFID, Architecture, Nommage, Contrôle distribué, Gestion de l'énergie, Gestion des Données, Informatique Ambiante, Traçabilité, logistique et gestion de production et des stocks, Détection.
  • Internet des Contenus : Formats, Codage, Compression, Indexation, Protection et Pérennité des contenus, Distribution de contenus par les utilisateurs, Bases de connaissance, Moteurs de recherche.
  • Internet des Services: Web sémantique, Orchestration de services, Mondes virtuels, Jeux en ligne, Réseaux sociaux, Services fondés sur la localisation et le contexte, Overlays applicatifs, Temps réel.

Les axes de recherche transversaux suivants pourraient être envisagés:

  • Architecture : Sécurité, Contrôle de congestion, Temps réel, Clean-slate, QoS.
  • Technologie : Optique, Radio, NFC, RFID, Capteurs, Energie (réseau électrique intelligent), Interfaces (réalité virtuelle et augmentée, interfaces haptiques).
  • Modélisation : Mathématiques des réseaux, Théorie de l'information, Codage, Traitement du Signal, Simulation.
  • Métrologie : Sondes actives, Méthodes passives, Tomographie, Analyse statistique, Détection d'anomalies.
  • Plates-Formes.
  • Algorithmique sur réseaux: Pair-à-pair, Algorithmique distribuée, Indexation
  • Gouvernance, Economie des réseaux, Usages


Questions 4 :

a) Pensez-vous que le thème de l’Internet du Futur justifie la mise en place, en France, d’un « pôle académique » de recherche de haut niveau consacré exclusivement à ce sujet et ayant vocation à fédérer les efforts français dans ce domaine?

Il faut trouver un nom commercial pour motiver les foules et les vocations. Le thème réel est plus le futur de la continuité relationnelle de l'écosystème numérique, qui dans l'intérêt commun devrait être sans doute plus "méta-français" (ce qui nous motive, avec beaucoup d'autres) que seulement américain.

Si oui,

b) Comment devrait-il être organisé et s’articuler avec les divers établissements en charge de la R&D en matière de TICs en France ?

Par projets concrets de recherche, en respectant la modélisation citée à la question précédente, autour d'un banc-test de grandeur nature auquel participe l'ensemble de la société française. Un Minitel bis. Le projet n'est pas technique pour faire mieux, il est sociétal pour servir mieux.

c) De quels moyens humains et financiers cette structure devrait-elle disposer ?

Mon expérience personnelle, et l'expérience de l'IETF montrent que ce sont les utilisateurs pilotes qui sont le plus souvent à même d'apporter des solutions nouvelles. Leur motivation est pratique, pas économique. Ce dont ils ont besoin c'est d'une aide concrète (conseil, développeurs, équipement de test) dans une approche logiciels libres. Les moyens humains existent à foison, il suffit de les libérer en leur apportant une écoute et une réponse concrète. Une proposition simple serait une bourse ouverte de projets proposés à des développeurs professionnels (jeunes ?) qui seraient payés pendant le temps du projet. L'utilisateur pilote ou chercheur catalyseur du projet pourrait alors se dégager au profit d'une structure d'entreprise menée par un champion ayant adhéré au projet et ayant convaincu son catalyseur et ses participants qu'il peut le mener au niveau d'une entreprise.

Seriez-vous prêt à y contribuer (au travers de la mise à disposition de moyens financiers ou humains par exemple)? Quelle serait la meilleure localisation pour une telle structure ?

Certainement, en tant que catalyseur de projet. La meilleure localisation me paraitrait un "campus internet", lieu de rencontre et d'hébergement (associations, outils de test, logement participants) en bordure de TGV et d'aéroport avec un tarif de transport imbattable permettant à des équipes internationales de projet de se rencontrer et tester ensemble de temps à autre. Il n'est pas besoin de dépenser beaucoup d'argent selon la culture des chercheurs anciens, mais de le dépenser selon la culture des trouveurs d'aujourd'hui.

d) Etes-vous d’accord avec les axes de recherche proposés pour cette structure? Si non, sur quels sujets, une telle structure devrait-elle se focaliser ?

Tous les axes proposés sont bons à promouvoir. Ce qu'il faut surtout est écouter et aider les projets qui ont suscité l'intérêt d'un petit groupe prêt à y passer du temps. L'architecture Internet est définie par la RFC 1958 "Architectural Principles of the Internet", qui écrit:

The principle of constant change is perhaps the only principle of the Internet that should survive indefinitely.
The purpose of this document is not, therefore, to lay down dogma about how Internet protocols should be designed, or even about how they should fit together. Rather, it is to convey various guidelines that have been found useful in the past, and that may be useful to those designing new protocols or evaluating such designs.
A good analogy for the development of the Internet is that of constantly renewing the individual streets and buildings of a city, rather than razing the city and rebuilding it. The architectural principles therefore aim to provide a framework for creating cooperation and standards, as a small "spanning set" of rules that generates a large, varied and evolving space of technology.
As Lord Kelvin stated in 1895, "Heavier-than-air flying machines are impossible." We would be foolish to imagine that the principles listed below are more than a snapshot of our current understanding.

et la RFC 3935 qui définit la mission de l'IETF dit - et ceci est sans doute vrai pour tout effort de recherche :

The IETF has traditionally been a community for experimentation with things that are not fully understood, standardization of protocols for which some understanding has been reached, and publication of (and refinement of) protocols originally specified outside the IETF process.

Il semble toutefois que la réflexion de ce questionnaire devrait s'articuler au départ sur la RFC 3869 "IAB Concerns and Recommendations Regarding Internet Research and Evolution" qui parait une base initiale de travail absolument nécessaire et qui réclame précisément l'implication de l'aide des Etats dans le R&D de l'internet pour la raison fondamentale suivante :

The principal thesis of this document is that if commercial funding is the main source of funding for future Internet research, the future of the Internet infrastructure could be in trouble. In addition to issues about which projects are funded, the funding source can also affect the content of the research, for example, towards or against the development of open standards, or taking varying degrees of care about the effect of the developed protocols on the other traffic on the Internet.

Ce qui est très précisément en train de se passer avec l'influence prise par l'ISOC et ses sponsors.



Renforcement de la part consacrée à la recherche disruptive pour l’Internet du Futur

Comme l’a souligné la task force ITFAN mise en place aux Etats-Unis, nombre des avancées disruptives aux Etats-Unis dans le domaine des réseaux et de l’Internet du Futur ont été initialement financées par des budgets fédéraux destinés au tissu académique. La recherche de nature disruptive, dans le cadre des travaux sur l’Internet du Futur, effectuée aujourd'hui aura très probablement un impact important sur l'industrie de demain.

Il paraît dès lors utile de mieux prendre en compte le volet relatif à la recherche disruptive sur la question de l’Internet du Futur dans les programmations de R&D en Europe et en France, en vue de veiller à ce que les travaux financés ne se limitent pas à l'amélioration incrémentale des réseaux existants. Ceci pourrait par exemple se traduire par le financement de programmes similaires à ceux de la NSF ou de DARPA, destinés à une recherche disruptive tournée vers le long terme.


Questions 5 :

a) Partagez-vous l’analyse faite ci-dessus relativement à l’importance de la recherche disruptive sur la question de l’Internet du Futur? Quelle part consacrez-vous à la recherche incrémentale et à la recherche disruptive sur ce sujet?

Je ne comprends pas ce qui peut être une recherche incrémentale ou disruptive. La communication publique et privée et les services en ligne sont une partie de l'écosystème digital. Il ne me semble qu'il n'y a qu'une recherche qui est de savoir comment mieux en assumer le rôle attendu par l'humanité.

b) Précisez, en matière de recherche disruptive sur l’Internet du Futur, les thèmes qui vous semblent prioritaires.

Ce que je comprendrai comme disruptif serait un changement dans l'organisation de la recherche française qui lui permette de trouver les réponses là où elles sont, c'est à dire sur le terrain. L'internet n'est pas une le débarquement sur la Lune, il est la découverte progressive d'une écologie des échanges par le biais électronique.

c) Quelles conséquences en tirez-vous quant aux mécanismes de soutien à la R&D tant au plan national que communautaire et notamment sur la programmation faite par l’Agence Nationale de la Recherche relativement à l’Internet du Futur?

En tant que catalyseur de R&D appliqués je n'ai jamais pu être intéressé à de tels mécanismes dont la recherche et la documentation propres me paraissent dépasser mes capacités de R&D. Peut-être ai-je tort.

La RFC 3869 dit :

The IAB believes that it would be helpful for governments and other non-commercial sponsors to increase their funding of both basic research and applied research relating to the Internet, and to sustain these funding levels going forward.

C'est ce que j'ai fait en tant que non-commercial sponsor en participant à l'IETF et en y créant l'IUCG.



Coordination des plateformes d’expérimentation

Les plates-formes de recherche et d’expérimentation en réseaux ont joué un rôle primordial dans le développement et dans la compréhension de l’Internet. L’émergence de nouvelles technologies, l'évolution des usages et l’expression de nouveaux besoins demandent des plates-formes d’un type nouveau. Un défi important des architectures de type clean-slate réside dans le fait d’avoir un moyen de les évaluer. Les plates- formes expérimentales seront donc particulièrement utiles pour l’exploration et la validation de nouveaux paradigmes proposés dans ce cadre. Les principales solutions développées dans le passé (vBNS ou Internet 2 par exemple) ont ciblé essentiellement les besoins de réseaux grande distance. Aujourd’hui ces plates- formes doivent notamment se diversifier afin d’atteindre des objectifs de facteur d’échelle ou de reconfiguration plus dynamique du système. Les programmes GENI aux Etats-Unis, FIRE en Europe, GLabs en Allemagne sont des illustrations concrètes des enjeux très importants liés à ces plateformes.

Au niveau français, il existe plusieurs plateformes technologiques (Senslab…), qui se caractérisent par leur caractère fragmenté et un accès pouvant s’avérer limité voire impossible à certains intervenants. Par contre, la France joue un rôle important dans la construction de certaines plates-formes européennes sur l’Internet du Futur (par exemple le projet IST Onelab et Fireworks dans le cadre de FIRE ou la plate-forme PlanetLab).

Une approche coordonnée et globale des acteurs français en matière de plateformes de recherche pourrait s’avérer souhaitable, à l’instar d’une démarche de type « G-Labs » ; cette plateforme ou ce réseau de plateformes pourrait permettre à la France de prendre le leadership sur ces outils qui seront indispensables à l’expérimentation et à l’évaluation des technologies développées pour l’Internet du Futur. Une telle initiative devrait s’inscrire dans un double cadre, national et communautaire, en veillant à dégager les synergies utiles avec les différents réseaux de recherche déjà en place (Renater, Géant…).


Questions 6 :

a) Disposez-vous déjà, localement ou non, de plates-formes d’expérimentations ou d’accès à des plates-formes pour vos projets relatifs à l’Internet du Futur ?

Non. J'ai organisé le projet communautaire "dot-root" de banc-test de l'évolution du nommage selon les critères définis par le document ICP-3 de l'ICANN et je prépare un document sur l'utilisation de l'Internet comme son propre banc-test (intertest).

b) Seriez-vous favorable à l’établissement, au niveau national ou communautaire, d’une plate-forme mutualisée ou d’un réseau de plateformes d’expérimentation de projets relatifs à l’Internet du Futur ? Si oui, où devrait-t-elle être implantée? Seriez-vous utilisateur d’une telle plate-forme et si oui, pour quels projets ?

De telles plates-formes me semblent essentiellement tournées vers la mise en situation de matériels de commutation ou de systèmes hors protocole TCP/IP. La meilleure plate-forme est l'internet lui-même et la confrontation des systèmes en développement aux contraintes du trafic, de la gouvernance et de l'adminance réelle de l'écosystème.

c) Quels devraient être les principes généraux de mise en oeuvre et d’accès (notamment aux PME) à cette plateforme pour que celle-ci remplisse son rôle de catalyseur de recherche et développement de nouveaux services, usages, protocoles … ?

Je travaille à une charte de l'"intertest", c'est à dire de l'utilisation de l'internet comme son propre banc test, à partir des diverses contraintes mises par les uns et les autres à une telle pratique. Je serais certainement intéressé à finaliser ce test avec des praticiens du réseau.


Création de laboratoires de recherche mixtes sur l’Internet du Futur

Il apparaît important d’inciter l'industrie à faire de la recherche à long terme, en coopération avec les académiques. La création de laboratoires de recherche mixtes (publics/privés), centrés sur des activités de recherche de pointe et localisés dans ou à proximité de centres de recherche académiques pourrait répondre à cette attente, à l’exemple de ce qui a été mis en oeuvre dans d’autres pays :

Intel a créé trois "lablets", co-localisés au sein d’universités américaines (CMU, Berkeley, U. Washington) ; L’université de Stanford a lancé un programme "Clean-Slate" qui prévoit d'héberger des groupes de recherche industriels au sein de l'université. En Europe, Microsoft, par exemple, a installé des laboratoires de recherche à l'Université de Cambridge, à l'INRIA et à l'Université d'Aachen.

Une telle mixité tend à multiplier la capacité d'innovation grâce à un effet de fertilisation croisée tirée de la co-localisation de chercheurs de différents horizons. Elle permet de rendre plus fluide la circulation des chercheurs entre le monde industriel et le monde académique.


Questions 7 :

a) Seriez-vous prêt à collaborer à ce type de centres mixtes dédiés à l’Internet du Futur ? Sur quels sujets et sur quelles zones géographiques ?

Il me semble qu'il y a là une vision télécoms des choses. Comme répondu plus haut, le développement internet résulte le plus souvent de projets et besoins utilisateurs. Certains peuvent se développer ensuite ou se tester en milieu académique avant de rentrer dans une phase industrielle. Mais l'essentiel de l'internet ce sont des logiciels et noogitiels (niveau sémantique en réseau).

b) Quelles actions particulières les pouvoirs publics devraient-ils mener en vue de favoriser la création de tels laboratoires mixtes travaillant sur les thématiques de l’Internet du Futur ?

Essentiellement les ouvrir aux utilisateurs pilotes et financer la participation de Français à l'esprit ouvert aux organismes de standardisation.


Coordination des pôles de compétitivité TICs

Au sein de plusieurs pôles de compétitivité (System@tic, Image&réseaux, Solutions Communicantes Sécurisées, Cap Digital…), certains thèmes liés à l’Internet du futur sont déjà abordés. Au vu des enjeux, il parait important que l’ensemble des thèmes détaillés dans la première partie de ce document puisse faire l’objet de travaux, de manière concertée, dans le cadre des différents pôles de compétitivité. A cet égard, un effort de coordination et de répartition des sujets et thèmes en fonction des compétences présentes dans chaque pôle pourrait s’avérer utile.


Questions 8 :

a) Dans le cadre des pôles de compétitivité TICs, participez-vous déjà à des travaux relatifs à l’Internet du futur ? Si oui, lesquels ?

Non.

b) Avez-vous connaissance de sujets relatifs à l’Internet du Futur traités dans un des pôles qui pourraient bénéficier d’une meilleure coordination avec les travaux d’autres pôles ? Comment envisagez-vous la collaboration entre pôles, de manière transversale, pour le traitement de sujets liés à l’Internet du Futur ?

Non.

c) Quels sujets, non traités aujourd’hui au sein des pôles, mériteraient-ils, selon vous, une prise en compte dans l’un des pôles (à préciser) ?

Contenus actifs, sémantique, sémiotique numérique.


Structurer les activités de normalisation

Depuis son avènement, l’Internet fait l’objet de nombreux travaux de normalisation dans une grande variété d’entités ou de forums au plan international (IETF, ETSI, ISO, UIT …). Une telle multitude d’enceintes, aux modes de fonctionnement parfois différents, peut constituer un frein, pour certaines organisations ou sociétés (notamment les PME), dans leur souhait de participer activement à la phase de définition des normes.

Cela suppose :

  • De définir le rôle que l’on souhaite voir jouer par les différentes organisations internationales en charge de la normalisation de l’Internet du Futur et notamment les domaines sur lesquels devraient travailler les organisations européennes (ETSI…)
  • De recenser, renforcer et organiser la participation française dans les organismes de normalisation, en veillant à une bonne coordination entre les académiques et les industriels, dans le cadre d’objectifs et de stratégies clairement identifiés.


Questions 9 :

a) Participez-vous, directement ou indirectement, aux travaux de normalisation, à l’échelon européen ou mondial, dans le domaine de l’Internet et de l’Internet du Futur ? Si oui, dans quelles enceintes ?

Oui. Directement : IETF, indirectement certains points ISO.

b) Quelles sont, selon vous, les forces et les faiblesses de la France au regard de la participation des acteurs français dans les différentes enceintes de normalisation qui traitent des sujets de l’Internet et de l’Internet du futur ?

Pour ce que j'en connais :

  • (à l'IETF) : la force des Français est leur osmose avec la pensée américaine. Leur faiblesse est l'agressivité pour ce qui n'est pas américain.
  • (à l'ISO) : la force est la position au TC46, la faiblesse est l'absence au JTC1/SC32/WG2.

c) Seriez-vous favorable à la mise en place d’une coordination française sur les sujets relatifs à la normalisation de l’Internet du Futur? Quelle forme devrait prendre cette coordination ?

Coordination non, ce serait revenir à 1969.

Concertation ouverte oui. "Tout ce qui n'est pas ouvert n'est pas Internet", Vint Cerf.

d) Quel rôle devraient jouer, selon vous, les différentes organisations européennes en charge de la normalisation des TICs (et notamment l’ETSI) dans le domaine de l’Internet du futur ? Pensez-vous opportun que les instances européennes de normalisation établissent des partenariats avec les autres instances régionales de normalisation (par exemple, sur le modèle du 3GPP (Third Generation Partnership Project) dans le domaine des réseaux de radiocommunications mobiles de 3ème génération) afin de traiter des divers sujets relatifs à l’Internet du Futur? Si oui, sur quels sujets, avec quelles organisations de normalisation et selon quelles modalités ?

L'on doit faire attention à traiter des différentes strates selon leurs natures propres. Pour avoir posé le problème de la création de l'IUCG (internet users contributing group) au sein de l'IETF ou non, je suis intimement persuadé qu'aucune organisation de normalisation ne fait l'affaire, si ce n'est celle à qui les utilisateurs font confiance. Ils font confiance actuellement aux RFC en raison d'une certaine magie historique. Les accords structurels ne servent pas à grand chose - sauf pour la strate des matériels.

Le leadership technique de la communication publique et privée et les services en ligne appartiendra à celui qui voudra/pourra le décrire et le maintenir de façon homogène, cohérente, et connue.


Création d’une « task force » française sur l’Internet du Futur

Plusieurs pays ont d’ores et déjà mis en place des « task force » en vue de coordonner leurs efforts de R&D dans le domaine de l’Internet du Futur ; ainsi aux Etats-Unis, l’ITFAN (Interagency Task Force on Advanced Networking) fait la synthèse des recommandations faites par 11 agences fédérales pour la programmation et le financement des recherches avancées en réseaux sur les 10 prochaines années ; au Japon, un forum « New Generation Network » (NGNW) a été mis en place fin 2007 dans le cadre du programme AKARI sous l’égide du MIC (Ministry of Internal Affairs and Communications) et du NICT (National Institute of Information and Communications Technology).

En vue d’un renforcement de la coopération au niveau national entre tous les acteurs concernés, la mise en place d’une « task force » française sur l'Internet du Futur pourrait être envisagée et se voir confier, entre autres, les missions suivantes :

  • élaborer, en collaboration avec les divers acteurs du domaine, une vision prospective et stratégique sur l’Internet du Futur ainsi que des recommandations en matière de programmation de la R&D ;
  • permettre aux différents acteurs concernés de s’informer sur les différentes initiatives menées au plan communautaire et notamment sur les appels à projets lancés dans le cadre du 7ème PCRDT.
  • assurer un suivi des grands programmes nationaux mis en place dans les principaux pays leaders sur l’Internet du Futur (Etats-Unis, Japon, Corée…) ainsi que dans les principaux pays de l’UE et évaluer les choix stratégiques opérés par ces pays.

Cette « task force » pourrait aussi jouer un rôle dans la concertation des acteurs français en matière de normalisation ou de plateformes (voir questions ci-dessus).


Questions 10 :

a) Pensez-vous qu’il serait souhaitable de mettre en place, en France, une organisation destinée à coordonner l’action des différents acteurs français dans le domaine de l’Internet du Futur ? Si oui, quelle forme/structure devrait-elle prendre (task force, forum…) ? Quelles missions devraient lui être confiées ?

S'il s'agit de mettre en place une organisation destinée à coordonner l'action des différents acteurs dans le domaine de l'Internet du Futur. Non.

S'il s'agit d'accueillir et soutenir une concertation ouverte permettant l'émergence d'une culture française innovante de la communication publique et privée et des services en ligne. Oui.

b) Devrait-elle être réservée aux seules entités du secteur public (du type ITFAN) ou ouverte à tous les acteurs (français ?) intéressés (du type forum japonais NGNW) ? Seriez-vous prêt à participer à une telle Task Force et à y contribuer, sur un plan humain ou financier ?

Elle doit être ouverte à tous les acteurs français pour le matériel, francophones pour les logiciels et noogitiels.


Les initiatives pouvant être lancées au niveau communautaire et international

Mieux coordonner et prioriser la recherche au niveau communautaire

Dans la première partie du document ont été rappelés les différents groupes de travail (Euro-NGI, EIFFEL, ETPs, …) et les différents programmes européens (ICT-FIRE…) ; consacrés aux différents thèmes liés à l’Internet du Futur.


Questions 11 :

a) Quelle part prenez-vous dans les projets lancés au niveau communautaire ?

Aucune.

b) Quelle est votre appréciation des travaux engagés au niveau communautaire sur ces sujets, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif ? Y-a-t-il, selon vous, des sujets ou thèmes liés à l’Internet du Futur qui mériteraient une plus grande attention au niveau communautaire et éventuellement davantage de moyens ?

Je ne connais pas de travaux communautaires qui me paraissent relever de l'Internet du Futur en soi, mais d'une utilisation future de l'internet. Mais je peux être mal informé.

c) Au-delà des actions envisagées ci-dessus, voyez-vous d’autres actions, collectives ou individuelles, qui pourraient permettre une meilleure prise en compte des enjeux liés à l’Internet du Futur, tant au niveau français que communautaire et international ?

Je crois nécessaire une animation intellectuelle nationale sur les thèmes des NTICS et leur intégration sociale dans la suite de l'expérience sociétale du Minitel. En particulier en se tournant vers une économie des services non appuyée par la réclame et le spam. Il me semble précisément que l'Internet (et l'application web) devrait permettre de voire disparaître la réclame grâce à l'accès direct aux fournisseurs.

A titre d'exemple, j'ai proposé deux actions en ce sens :

  • FGI-FR un Forum de la gouvernance française de l'internet
  • PNI, la publication de la réponse faite à l'appel à candidature pour la gestion du ".fr" par france@large pour lancer un débat national quant à l'utilisation du nommage internet pour une sortie de crise très largement induite par une utilisation déséquilibrée des NTICS.


Autres initiatives internationales

L’Internet du Futur est aujourd’hui au coeur d’un effort de recherche considérable au plan international tant au niveau académique qu’industriel ; les Etats-Unis (GENI, FIND, ITFAN…), le Japon (AKARI…) ou l’Union Européenne (FIRE…) consacrent d’ores et déjà des ressources très importantes à ce sujet ; on trouvera en Annexe 2 une description des principaux groupes de réflexion et grands programmes de recherche mis en place autour de l’Internet du Futur.


Questions 12 :

a) Y a-t-il selon vous d’autres initiatives menées au plan international dans le domaine de l’Internet du Futur qui mériteraient d’être mentionnées? Si oui, lesquelles et pourquoi ?

L'IUCG. Parce que nous y développons une réponse d'origine française, dans le cadre normatif accepté (IETF), qui se préoccupe:

  • du futur nécessaire de l'internet (le support du contenu actif et la couche présentation qui en implique la multilatéralisation).
  • de la strate supérieure à celle de l'internet qui est la strate sémiotique - internet des gestes et des pensées, de la facilitation intellectuelle, de la société "anthrobotique" mêlant hommes et machines, où l'homme doit rester le maitre et la machine l'esclave, et pas les cyborgs de Google, ce que nous controns très précisément depuis quelques années, avec quelque succès, mais bien seuls.

b) Quelles autres initiatives internationales pourraient être lancées ?

J'ai lancé le projet.fra d'espace d'adressage sémantique expérimental de langue française supportée par la DNS pour l'internet. Pour être significatives au niveau de la standardisation IETF deux applications d'une RFC doivent fonctionner. Le projet Multilinc de zones de nommage/adressage sémantiques multilingue (langues africaines) devrait le compléter. Ces projets devraient se structurer au cours de l'automne 2009. Le projet.fra inclut le projet ont.fra d'ontologie francophone ouverte dont la taxonomie en sera son propre nommage.


Un autre projet devrait être rapidement lancé qui concerne la documentation des besoins en terme IDv6 et GRIDv6. La raison pour laquelle IPv6 ne se déploie pas 25 ans après le vote des adresses 32 bits par l'UIT est que leur version IETF n'apporte aucun avantage documenté à ceux qui devraient les demander, les payer et les utiliser : les utilisateurs finaux. Ce résulte sans doute de ce que les ingénieurs IETF tentent de répondre avec IPv6 à un besoin global du réseau (ce qui est leur mission), pas à des besoins des utilisateurs (dont ils ont laissé le soin à d'autres sans les identifier).

Une adresse IPv6 est en fait constituée de deux "ID", le premier est destiné à la partie adressage réseau, le second "Interface ID" est destiné à l'adressage local. Cet adressage local n'a pas été considéré dans un cadre global, soit comme continuation de l'adressage global (ce que j'appelle IDv6), soit comme des grilles d'adressage local globalement systématisé, par exemple pour supporter le plug-and-play (ce que j'appelle GRIDv6).

Une initiative de prise de leadership dans ce domaine consiste à provoquer une conférence à Paris sur ce thème, en quoi l'adressage utilisateur est l'application tueuse d'IPv6 et quelles sont les actions normatives à engager pour lui donner une crédibilité transtechnologie - faisant sortir l'adressage du seul domaine Internet et engageant ainsi un plan de numérotation global (Uninum) reprenant et documentant tous les plans de numérotation existants (comme il y a Unicode). L'intérêt est l'organisation de l'ensemble des nomenclatures numériques - en continuation par exemple de l'ISO 3166 dont l'agence de maintenance est conduite par l'AFNOR.

IDv6 a aussi divers rôles techniques. Il peut être considéré pour la fiabilisation du DNS au lieu du monstre de centralisation américaine pratiquement inapplicable que serait le DNSSEC.

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