Positions concernant le FGI
Un article de Wiki.
Cette partie reprend le compte-rendu de la session de Rio du FGI, par Bertrand de la Chapelle, comme trame de réflexion et de discussion, avec tous nos remerciements pour cette base de départ. Elle y intègre certaines des Propositions FGI de france@large.
Sommaire |
MATURATION DE LA SECONDE ÉDITION
La seconde édition de l’IGF témoigne d’une maturation et d’une reconnaissance croissante des acteurs vis-à-vis de cet instrument nouveau et de son format innovant. Ceci pourrait faire à terme de l’IGF un enjeu de pouvoir.
L’IGF comme occasion de « faire le point »
L’IGF est une occasion annuelle de faire le point sur l’ensemble des sujets de gouvernance Internet, pour « sentir l’air du temps » et être informé des activités de l’année écoulée. Les discussions en ateliers doivent aussi fournir une vision détaillée de l’état d’une question, de ses différentes dimensions et des positions des différents acteurs concernés. Des documents synthétiques très courts faciliteraient à la fois la compréhension des enjeux par les participants et la diffusion auprès des non-participants, ainsi que la traduction dans diverses langues.
Suggestion(s) :
- Une formalisation systématique, selon des formats préétablis, clairs et concis (« templates ») pour le reporting des organisations internationales et des ateliers doit enfin être mise en oeuvre et au besoin imposée. Une diversité de formats est souhaitable (issues papers ou position papers notamment).
- F@L adhère au projet de documentation générale de l'intergouvernance de l'écosystème numérique du projet Intertest [1] en cours de mise en place. Ce projet consiste à tester en grandeur réelle des visions émergentes de la construction, de l'utilisation et de la gestion de l'Internet. Il se conforme strictement aux conditions d'organisation d'un tel type de test par l'ICANN. Il s'appuie sur l'expérience du test préparatoire "dot-root" auquel france@large a participé. Il comporte plusieurs composantes de gouvernance dont :
- WIKIGF pour documenter la construction et l'intergouvernance de l'écosystème numérique
- WECANN (World Enhanced Cooperation for the Administration of Names and Numbers) pour avancer sur les principes de coopération pratique pour la gestion des ressources communes. La WECANN aura la mission d'administrer l'adressage sémantique (Intersem) et le bloc /3 IPv6 de l'Intertest.
- la production d'IRFC (Intertest Requests for Comments) selon un système de version permettant les mises à jour sous une même référence, et de numérotation flexible alphanumérique permettant d'associer une IRFC à un document externe. Par exemple, le travail sur l'IRFC.3166-4.
Elle partage son souci de favoriser le support de la diversité par des approches techniques plurielles, à commencer par celle de la diversité linguistique.
Un lieu de débat sur les sujets conflictuels
La réunion d’Athènes avait prouvé que gouvernements, secteur privé, société civile et organisations internationales pouvaient dialoguer utilement dans un même espace sur un pied d’égalité. La réunion de Rio a prouvé que ce format permettait aussi d’aborder des sujets conflictuels, comme les « Ressources Critiques de l’Internet », même si c’est encore de manière trop superficielle pour certains participants.
Sur ce thème nouveau, les interventions ont été « moins rudes que prévu », ce qui est vu en général comme positif et permettant une discussion plus constructive que lors du SMSI. Certains craignent toutefois que la recherche trop rapide d’un consensus et un choix timoré d’intervenants empêchent de fait un véritable débat sur les sujets où les positions sont encore très différentes.
Suggestion(s) :
- L’IGF doit, sur les sujets les plus conflictuels, maintenir la dimension de débat, voire l’organiser afin que tous les points de vue soient représentés.
- F@L pense nécessaire une préoccupation intégrée à un triple niveau :
- le rafistolage des pénuries de la technologie actuelle (adresses, nommage, routage, multilinguisme, ..)
- une compréhension de l'écologie des nouvelles techniques d'information, de communications et de services qui permette de dresser un inventaire de ressources critiques fondamentales qui nous paraissent l'éthique normative, l'interopérabilité, le respect pratique de la diversité par une architecture plurielle, la convergence des interfaces supportant des usages communs à plusieurs technologies, l'adhésion pratique des utilisateurs et donc la clarté et la stabilité dans le temps des propositions techniques, et des interfaces physiques et des procédures d'usage.
- la construction, le test et la mise en place selon une transition sans conflit technique d'une technologie adaptée aux besoins actuels et à leur évolution prévisible.
Articulation entre plénières et ateliers
La dynamique et l’intérêt étaient clairement du côté des ateliers, plutôt de meilleure qualité qu’à Athènes, en raison notamment de l’implication des Coalitions Dynamiques dans leur préparation. Les plénières consacrées aux sujets « classiques » (hors Ressources Internet Critiques) furent en revanche peu suivies.
Animées par des intervenants trop prévisibles (« usual suspects »), elles ont trop souvent réitéré les discussions passées sans véritable capitalisation, rouvrant même parfois inutilement les discussions du SMSI.
Suggestion(s) :
- Une meilleure articulation est nécessaire entre ateliers et plénières. Ces dernières pourraient devenir le lieu de restitution des résultats des ateliers thématiques par les organisateurs, ce qui faciliterait le choix des panélistes.
- F@L propose que les ateliers soient rendus permanents et organisés selon les FGI régionaux, nationaux et locaux, mais selon une approche heterarchique à approfondir, qui est l'essence même de l'approche multipartenariale.
Place des organisations internationales.
L’IGF doit être l’occasion pour les organisations internationales de rendre compte de leurs activités. L’UIT et l’ICANN se sont engagés sur cette voie à Rio. Surtout, le Conseil de l’Europe y a mené avec un réel succès une campagne de communication active pour promouvoir sa convention sur la cybercriminalité. On peut toutefois regretter que cette organisation n’ait pas promu sur le même plan sa convention 108 relative à la protection de la vie privée. L’UNESCO, en revanche, est restée très en retrait, comme si elle ne croyait pas à l’importance de l’IGF et se focalisait sur le processus parallèle de facilitation des lignes d’Action du Suivi du SMSI.
Suggestion(s) :
- Encourager ce reporting annuel par les diverses organisations concernées et en particulier une plus grande implication de l’UNESCO.
- F@L propose d'attribuer une double page du WIKIGF à chacune de ces institutions permettant une double rédaction officielle par ces organisations et publique par leurs utilisateurs.
Rôle des coalitions dynamiques
Les coalitions dynamiques, principale innovation d’Athènes, ont contribué à une meilleure préparation des ateliers à Rio. En particulier, les coorganisations multiacteurs se sont multipliées et doivent être encouragées. Les coalitions contribuent en outre à un affinage des thèmes, en dégageant des sous-thèmes utiles. Mais leurs réunions propres ont trop souvent constitué un atelier thématique supplémentaire plutôt qu’une présentation de leurs travaux et de leur programme de travail. Le recours aux organisateurs d’ateliers pour animer les futures plénières est largement souhaité. En revanche, accorder un rôle accru aux coalitions dynamiques dans la sélection des ateliers en 2008 reste objet de débat.
Suggestion(s) :
- Clarifier le rôle des coalitions dynamiques en renforçant notamment la transparence sur leurs membres et objectifs, sans leur faire perdre leur souplesse.
- F@L propose que WIKIGF documente une liste des coalitions dynamiques et permettent à leurs représentants d'en tenir les pages ou les liens à jour.
Participation
Les représentants gouvernementaux, à quelques exceptions près (notamment l’Italie, le Brésil et la France), sont demeurés plutôt en position d’observateurs, laissant l’essentiel de l’initiative aux acteurs de la société civile et aux organisations internationales. On note encore une trop faible présence du secteur privé (qui ne voit pas encore bien les enjeux et les bénéfices de sa participation) et des acteurs de pays en développement (pour qui les coûts de participation demeurent trop élevés). Les utilisateurs de l’Internet restent également sous-représentés, qu’il s’agisse des internautes eux-mêmes ou des entreprises utilisatrices, qu’il importe de distinguer de celles actives dans le secteur.
Suggestion(s) :
- Un effort de mobilisation du secteur privé (en particulier non américain) et des modalités de soutien financier pour les pays en développement sont nécessaires pour atteindre un meilleur équilibre de participation. La question de la représentation des intérêts des internautes demeure ouverte.
- F@L propose une première réflexion sur la RFC 3869 de l'IAB qui pose la question du financement du R&D Internet par le seul secteur privé. Pour être crédible et durable, toute incitation de participation au R&D doit être précédée par les conditions d'une capacitation technique. Le travail sur une IRFC.3869 est un des premiers objectifs du projet Intertest, pour définir son cadrage technique.
Equilibre des différents formats de sessions
Rio a inauguré une typologie de formats diversifiée : ateliers thématiques, réunions de coalitions dynamiques, « forums de meilleures pratiques » et « forums ouverts ». Les forums ouverts ont permis aux organisations internationales de présenter leurs travaux. En revanche, les forums de bonnes pratiques sont restés trop peu nombreux et méritent d’être développés, notamment pour présenter des approches comparatives.
Suggestion(s) :
- Prendre l’initiative à Delhi de forums de bonnes pratiques sur les sujets où l’on souhaite mettre en valeur des initiatives ou activités françaises, de préférence en associant d’autres acteurs équivalents pour augmenter les chances d’être retenus. Par exemple en présentant les initiatives nationales pour la gestion des questions de gouvernance Internet.
- F@L souhaite voir s'engager une approche de convergence pratique de l'usage quotidien des NTICS. Son thème parlant reste l'écran du frigidaire qui permet de centraliser la plus part des besoins courants des utilisateurs tant externes que domestiques, de proximité et de convivialité. Cette approche pourrait fortement s'appuyer sur l'acquis sociétal du Minitel et des micropaiements kiosque.
LES PRINCIPAUX THÈMES
Rio a prolongé les discussions sur les thèmes d’Athènes, mais aussi fait émerger des thèmes nouveaux.
Diversité linguistique
Plusieurs ateliers ont souligné l’importance de la diversité linguistique, qui ne se limite pas à la question des IDNs. Pouvoir accéder à l’Internet dans sa langue est désormais considéré comme un droit naturel. La diversité linguistique dans les panels et ateliers était toutefois insuffisante.
Suggestion(s) :
- Prêter une plus grande attention à la diversité linguistique et culturelle dans la préparation des ateliers.
- F@L souhaite que soit travaillée une description concrète et des spécifications techniques du support de la diversité linguistique, et à partir de ses solutions, de toutes les diversités (techniques, politiques, économiques, humaines, culturelles, sociales, générations, biologiques) chacun de ces besoins bénéficiant des apports faits par les autres. Le but des techniques est de permettre un environnement d'usage homogène qui sache interfacer l'hétérogénéité du monde, pas de tenter d'homogénéiser le monde selon un unique "technology correct" (dont le premier problème serait alors une incapacité à évoluer, que l'on observe en partie aujourd'hui).
- F@L souhaite en particulier une résolution ouverte et rapide du problème des noms de domaine linguistiques (bloqués depuis sept ans par les choix pro-industrie américaine) et sémiotiques (support des signes et logos) qui ouvre à une véritable innovation de l'Internet. Il souhaite en particulier que l'AFNOR engage des propositions au TC145 (où elle n'est qu'observatrice) sur la normalisation des interfaces qui incluent
- les graphèmes scripturaux
- les signes en général,
- un support sécurisé propre, n'admettant pas les doublons.
Cette simplicité, cette extension, et cette sécurité sont une part importante du besoin "écran du frigidaire" pour l'intégration de l'Internet. La France, en coopération avec le travail fait par le Québec, peut aisément prendre un leadership. L'IDNC (Interoperable Domain Name Coalition) devrait prochainement proposer, avec le soutien de F@L une contribution dans le cadre de l'Intertest.
Le thème de la Sécurité
Ce thème très important n’est pas traité en présence des vrais acteurs clés. Une meilleure articulation avec l’initiative de l’UIT serait souhaitable, ainsi qu’une meilleure sensibilisation des acteurs français, y compris du secteur privé.
Suggestion(s) :
- Identifier plus clairement les acteurs français impliqués dans les questions de sécurité.
- F@L suggère que le point central est techniquement la sécurité stratégique sémantique dans un contexte diversifié de langues et de techniques et de protection de la vie privée, des options culturelles et des opinions personnelles. Il parait donc important que les acteurs de l'intelligence et de la guerre économique, et la CNIL au niveau de la e-protection civile soient associés. La première des préoccupations est bien entendu la formidable fuite d'informations sensibles que représente la centralisation acceptée du système de serveurs racine DNS sans pare-feux nationaux.
ICANN
Les avis demeurent très contrastés sur le traitement par l’IGF de l’ICANN, qui reste le sujet le plus contentieux. Les acteurs français les plus critiques de cette organisation considèrent que le traitement du sujet reste contrôlé par la communauté d’acteurs liés d’une manière ou d’une autre à l’ICANN (« qui saturent le débat ») et que les solutions alternatives possibles sont systématiquement exclues du débat. La majorité des participants considère en revanche que l’enjeu est la transition en 2009 de l’ICANN actuel vers une structure véritablement internationale et non la refonte complète du système. Ils considèrent que le début de discussion sur ce thème au sein de l’IGF est un progrès, même s’il ne constitue pas la seule enceinte, et notent l’évolution positive du débat au sein même de l’ICANN par rapport à la période du SMSI.
Suggestion(s) :
- Explorer la manière dont le sujet « Transition ICANN 2009 » pourrait être abordé lors de l’IGF de Delhi et l’articulation possible avec le fameux « processus vers une coopération renforcée ».
- F@L croit qu'il faut reconnaitre l'ICANN pour ce qu'elle est : une agence américaine pour la gestion internationale de l'internet mondial américain, à qui Tunis a reconnu la primauté sur la gestion de ce système, répondant à un vote unanime du Congrés des Etats-Unis. La coopération renforcée consiste donc à permettre à l'ICANN américaine de coopérer avec ses contre-parties européennes, chinoise, française, parisienne, d'entreprise ou privées, etc. qu'elle implique. Et aussi à la contenir dans son rôle américain.
- C'est la nature même de l'approche multipartieprenante et l'application du principe de subsidiarité. Il s'agit donc de trouver les règles de fonctionnement d'une telle coopération renforcée et de son intergouvernance. Pour le projet Intertest, c'est un but assigné au WECANN[2]. IGF-FR devrait permettre aussi de l'analyser au niveau national et local, en coopération avec les différentes parties concernées, sans la barrière de la langue et la distance du mondial.
Emergence du thème des Droits sur l’Internet
De nombreux ateliers, organisés par diverses coalitions dynamiques (protection de la vie privée, liberté d’expression et naturellement « Bill of Rights ») ou par des organisations internationales (tout particulièrement le Conseil de l’Europe) ont témoigné à Rio de l’existence d’un groupe de sujets liés aux problématiques Droits de l’Homme et révélé l’importance du thème de la protection de la vie privée.
Plusieurs conférences au cours de l’année 2007 (notamment à l’initiative de l’Italie et de la Commission française pour l’UNESCO en septembre) avaient d’ailleurs préparé Rio en la matière. Cet ensemble de sujets pourrait bien constituer à l’avenir, et pourquoi pas dès New Delhi, un nouveau thème transversal, par exemple sous l’appellation générale « Internet Rights ». On note en outre une demande explicite de grands groupes privés (moteurs de recherche et réseaux sociaux en particulier) pour des standards internationaux relatifs à la vie privée qui leur évitent les conflits de juridiction.
L’atelier consacré à l’idée d’une Charte des Droits (« Bill of Rights ») a vu émerger une distinction entre deux types de droits. Ceux relatifs aux usages (vie privée, liberté d’expression, etc…) sont déjà exprimés dans des textes internationaux existants tels que la DUDH : il conviendrait donc de les recenser, d’en réaffirmer l’applicabilité à l’Internet et d’identifier les instruments appropriés pour en garantir le respect effectif. En revanche, les droits ou principes relatifs au réseau lui-même (principe de non-discrimination ou de neutralité par exemple) demeurent imprécis et certains souhaiteraient qu’ils soient plus formalisés.
Question(s)/Suggestion(s) :
- Convient-il pour la France d’encourager, avec éventuellement ses partenaires européens, l’émergence d’un thème général « Internet Rights » au sein de l’IGF, sachant que la France accueillera à Strasbourg en octobre 2008 la Conférence annuelle des Commissaires à la Protection des données ?
- F@L a sur ce point une position établie depuis sa création (débat initié par Sotiris Sotiropoulos au ICANN/DNSO) qui est :
- la rédaction d'un 31ème article des Droits de l'Homme concernant son environnement virtuel, comparable à ceux traitant de son environnement familial, écologique, culturel, etc. où il dispose de cinq droits fondamentaux qui fondent les familles de droit correspondantes : exister, posséder, parler, écouter ou ne pas entendre, s'associer.
- la protection effective de ces droits par les choix technologiques qui doivent conduire à simplifier leur exercice et compliquer leurs violations. Ceci ajoute l'incitation architecturale aux devoirs régaliens, et donc à la coopération renforcée.
DIMENSION EUROPÉENNE ET INITIATIVES FRANÇAISES
Coordination européenne
La coordination communautaire n’a pas fonctionné correctement, malgré les efforts de la Présidence portugaise, et la voix de l’Europe a été peu audible, faute de positions claires partagées.
Suggestion(s) :
- Une meilleure préparation européenne pour l’IGF de Delhi, notamment sous responsabilité de la troïka et via un IGF européen préparatoire.
- F@L objecte à toute compréhension de la coordination européenne comme relevant uniquement du domaine régalien. Dans un univers multipartieprenant, ce qui compte est la représentativité et la pertinence des participants. La force de l'Europe est l'union culturelle et la présence (qui doit être financée) des membres compétents des cinq composantes de la multipartieprenance, qui sont : la société civile, le secteur privé, le domaine régalien, les organisations internationales et le monde normatif et technique.
IGF Européen
L’idée d’un IGF au niveau européen suscite un intérêt réel parmi les acteurs français et rencontre à l’évidence un écho à l’étranger. L’opportunité de la Présidence française de l’Union européenne au second semestre pourrait être saisie pour l’organiser à Strasbourg à l’automne, en partenariat notamment avec le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. Il s’agirait d’une préparation de l’IGF global, s’inscrivant dans le cadre du mandat de Tunis, et d’un encouragement à la création de Forums équivalent dans d’autres régions. Un accent particulier pourrait être mis sur la thématique des Droits.
Suggestion(s) :
- Rassembler un groupe d’acteurs diversifié pour mettre en place un IGF européen.
- Texte adopté par le Parlement Européen le 17/1/2008 : "9. il encourage l'organisation d'un FGI Europen avant la mi-2009 pour renforcer la dimension de l'Europe dans l'ensemble du processus FGI/SMSI; demande que son Président offre les moyens d'un événement préparatoire concernant les membres des parlements des Etats membres avant le FGI de la Nouvelle Dehli."
- F@L suggère que la France face adopter une charte du FGI Européen qui se fonde sur les principes :
- de multipartieprenance, incluant explicitement le monde normatif et technique non cité à l'accord de Tunis ce qui favorise l'internationalisation américaine de l'Internet,
- de pluralité des techniques et de souci de convergence des interfaces pour une plus grande simplicité d'accès pour tous,
- du droit de chacun à connaitre, vivre, inventer, posséder et cogérer son environnement culturel et technique dans sa propre langue.
- la création du MAGE (MAG Européen) avec des fonctions comparables à celles du MAG de façon à pouvoir être un interface efficace entre l'action du MAG et celle d'entités nationale de ce type (ex. MAGFRA pour la France).
Initiatives françaises
La France est l’un des pays qui a le plus contribué à l’organisation d’ateliers, soit comme convenor, soit comme cosponsor, soit en fournissant des panélistes. Ceci est positif et doit être renforcé. La visibilité d’un pays au sein de l’IGF dépend largement de l’implication de ses ressortissants dans l’organisation d’ateliers. Il est donc souhaitable que toutes les catégories d’acteurs continuent de prendre des initiatives en ce sens, et non seulement les autorités publiques.
Suggestion(s) :
- Utiliser l’ensemble des formats disponibles pour proposer ou participer à l’organisation d’événements lors de l’IGF de Delhi et renforcer les relations avec les autres acteurs internationaux.
- F@L estime que c'est précisément son rôle et désire coopérer avec chacun pour pousser à des initiatives nouvelles et leur documentation. Elle rencontre toutefois un problème pratique où l'intérêt commun s'oppose à son effort. En voulant promouvoir une innovation française, elle promeut le français et se heurte ainsi à la ghettoïsation des chercheurs et de leurs livraisons. Elle estime qu'il est possible à terme d'arriver à un équilibre "nous gardons le français, mais nous donnons nos idées" qui pousse les autres cultures à nous traduire et à nous imiter. Pour cela il est nécessaire à l'heure actuelle de trouver une aide de traducteurs spécialisés (anglais, chinois, espagnol, arabe, russe) qui participent à la réflexion pour que leurs questions de traducteur soient cette valeur ajoutée du bilinguisme dont bénéficient les Anglo-saxons de notre part, et qu'il convient nous aussi de tirer avantage.
Priorités possibles
Il a été suggéré de mettre l’accent sur un petit nombre de sujets prioritaires. Ceux-ci pourraient être :
- le fonctionnement de l’IGF,
- la thématique des Droits (et particulièrement les questions de protection de la vie privée),
- le multilinguisme
- et de manière parallèle, la question de la transition de l’ICANN en 2009.
- F@L propose l'exploitation de l'apport des utilisateurs pilotes : c'est à dire l'innovation venant des utilisateurs (un exemple : le libre).
FONCTIONNEMENT ET ÉVOLUTION DE L’IGF
Des échanges préliminaires ont eu lieu sur le fonctionnement institutionnel du Forum. Ces aspects doivent faire l’objet d’échanges plus approfondis dans la perspective des consultations de février.
Mandat
Plusieurs commentaires ont souligné que l’intégralité du mandat de Tunis n’était pas mise en oeuvre et devrait l’être lors des prochains IGF. La suggestion a été faite d’interpréter le mandat de Tunis de manière transversale, en appliquant chaque paragraphe de l’article 72 de Tunis, y compris celui sur les recommandations, à l’ensemble des thèmes traités par le Forum.
Suggestion(s) :
- F@L propose que WIKIGF soit structuré en conséquence, de façon à croiser l'ensemble des positions et l'ensemble des thèmes, ajoutant les thèmes majeurs du niveau sémantique et de l'interopérabilité, dégageant une modélisation du développement et de l'utilisation de l'Internet.
Restitution et reporting
Le grand nombre d’ateliers n’est acceptable que si des rapports synthétiques sont fournis sur leur contenu, selon un format commun (« templates »). La fourniture effective de tels comptes rendus pourrait être une condition pour l’acceptation d’une proposition d’atelier par les mêmes organisateurs l’année suivante.
D’une manière générale, une diversité de formats de documents est envisageable : issue papers, position papers, comptes rendus synthétiques d’ateliers,propositions d’action.
Suggestion(s) :
- Imposer plus fermement la fourniture de comptes-rendus synthétiques écrits des ateliers.
- F@L propose de rechercher une "technologie" de la réflexion et du compte-rendu (génération opérationnelle et vivier d'idées, successeur ou extension d'un wiki/blog coopératif) qui pourrait s'organiser autour du Libre français et de la gestion des associations 1901 (en tant que structure typique adaptée au travail en commun). Elle semble pouvoir faire partie d'un système d'interopération réseau (NETIX, partie du projet Intertest). Un encouragement pourrait résulter d'une publicité publique, née de la coopération à ce travail d'associations d'intérêt public. Ceci est un effort à budget quasi nul, mais réclamant une certaine publicité (cf. recensement des sujets émergents)
Recommandations
Le souhait de voir l’IGF aller « au-delà de la simple analyse » vers des propositions est largement partagé. Les ateliers et coalitions dynamiques peuvent être à l’origine de telles propositions. Il est néanmoins souligné que des conclusions négociées sont à éviter sous peine de retomber dans les lourdeurs des processus onusiens et que toute recommandation faite par des ateliers ou des coalitions dynamiques doit s’accompagner d’une description claire des soutiens et des acteurs qui ont participé à la discussion.
Suggestion(s) :
- Inciter les ateliers et coalitions dynamiques à élaborer des propositions simples et claires qui pourraient être présentées lors des sessions plénières.
- F@L souhaite explorer la transposition globale de propositions nationales ou locales, en participant à la rédaction de quelques IRFC spécialisées, dans le cadre du WIKIGF de l'Intertest.
Evaluation
L’IGF doit chaque année s’interroger sur les progrès accomplis sur les différents sujets et sur son propre fonctionnement, dans un processus d’évaluation permanent. La session « taking stock and the way forward » est essentielle à cet égard et doit prendre un format plus interactif, ouvert à l’ensemble de la salle. Les interventions trop longues des panélistes ont trop réduit cette opportunité à Rio.
Suggestion(s) :
- Faire de la session « taking stock » un forum vraiment ouvert à l’ensemble des participants.
- F@L prend acte que le travail de la gouvernance de l'internet se fait à la fois face à face et en ligne. Elle propose des pages "taking stock" (avec un terme français) qui explore ceci sur le site du FGI France, son extension multilingue/multisource sur le site FGI Europe. Ceci peut être un moyen pour la communauté de la multipartieprenance européenne d'expérimenter comment ses solutions peuvent être globalement étendues. Elle propose que ceci soit intertesté dans le cadre du WIKIGF.
Emerging issues
L’introduction de cette session à Rio est un progrès, mais le format doit être amélioré et les intervenants ne constituaient pas un panel suffisamment diversifié. La notion de sujets émergents doit être clarifiée, certains la comprenant comme destinée à identifier les sujets qui ont émergé lors d’une session de l’IGF et d’autres comme plus orientées vers l’avenir et l’identification des défis futurs.
Suggestion(s) :
- Accorder une place plus grande à des intervenants jeunes pour identifier les sujets émergents et permettre d’anticiper les questions futures.
- F@L suggère un recensement national des attentes des utilisateurs et la tenue d'une convention technique sur les solutions pouvant y répondre afin de disposer d'un livre blanc des sujets émergents.
Advisory Group
Les avis restent partagés sur la représentativité de l’Advisory Group dans sa composition actuelle et sur les catégories d’acteurs à prendre en compte pour sa composition (les quatre catégories décrites par les documents du SMSI ou une autre typologie à imaginer), ainsi que sur les modalités possibles de rotation.
Il a été souhaité que les débats du MAG soient ouverts et que les modalités de désignation des nouveaux membres soient transparentes avec un appel public à candidature. La discussion n’a toutefois pas été approfondie sur ce thème et fera l’objet de discussions complémentaires dans la perspective des consultations de février.
Suggestion(s) :
- Prendre en compte la liste de questions élaborée par le Brésil pour préparer les consultations de février.
- F@L considère que la multipartieprenance et la nature distribuée de l'Internet ne réclament pas la création de FGI alternatif, car elle est à même de permettre des ouvertures comparables en son propre sein. Il suffit d'organiser des structures de convergence ou de coopération entre deux ou plusieurs coalitions dynamiques ou pôles de gouvernance.
- La priorité paraît aujourd'hui être à la coopération renforcée. Un exemple test de coopération renforcée, c'est-à-dire d'organisation d'une action commune supportée par un secrétariat, une agence, un accord, un traité communs, pourrait être une convergence intelligente des adresses IPv6 et des numéros téléphoniques dans le bloc /3 de l'Intertest à gérer par le WECANN.
