Propositions FGI

Un article de Wiki.

france@large est dans une phase de renouvellement de ses propositions afin de préparer le débat, les propositions et les projets concrets dans le cadre du FGI France, Europe et Monde. Ses positions sont introduites ici.

Sommaire

Sujets vitaux pour l'Internet

La préoccupation est à triple niveau :

  • le rafistolage des pénuries de la technologie actuelle (adresses, nommage, routage, multilinguisme, ..)
  • le besoin d'une compréhension de l'écologie des nouvelles techniques d'information, de communications et de services qui permette de dresser un inventaire de ressources vitales qui nous paraissent être :
  • l'éthique normative,
  • l'interopérabilité,
  • le respect pratique de la diversité par une architecture plurielle,
  • la convergence des interfaces supportant des usages communs aux diverses technologies,
  • l'adhésion pratique des utilisateurs et donc la clarté, la stabilité et la continuation dans le temps des propositions techniques, des procédure et des interfaces.
  • la construction, l'intertest et la mise en place selon une transition sans conflit technique d'une technologie adaptée aux besoins actuels et à leur évolution prévisible.

Objectif R&D pour l'internet

Une première réflexion sur la RFC 3869 de l'IAB permet de se poser la question du financement du R&D Internet par le seul secteur privé. Pour être crédible et durable, toute incitation à la participation au R&D doit être précédée par la possibilité réelle d'une capacitation technique des entités et des groupes sociolinguistiques incités. Le travail sur une IRFC.3869 est un des premiers objectifs du projet Intertest, pour définir son cadrage technique.

Deux pistes pourraient aider cette évolution :

  • l'exploitation de l'apport des utilisateurs pilotes : l'innovation venant des utilisateurs dans tous les domaines et surtout les NTICS. Le Libre en est un exemple qui montre aussi la nécessité d'une approche adaptée. L'économie du libre est favorable aux projets informatiques et aux applications évolutives. Elle ne semble pas être adaptée au besoin d'investissement plus long et à la stabilité des développements de datacommunications, que ne favorise pas la prolixité documentaire des RFC (plus de 5000 RFC). Elle est sans doute totalement à repenser pour le domaine en devenir du sémantique où des disciplines nouvelles sont impliquées, ou à créer comme la multilinguistique (fonctionnement des langues entre elles).
  • un recensement national des attentes des utilisateurs et la tenue d'une convention technique sur les solutions pouvant y répondre permettraient de disposer d'un livre blanc des sujets émergents.

Il semble nécessaire de modéliser l'ensemble de la société anthropomécanique dans laquelle nous vivons afin de situer correctement les apports et les besoins de chacun de ses composants, afin de les subordonner correctement à la nature, aux besoins et aux droits et devoirs que se reconnait l'Homme.

Coopération au projet Intertest

Le projet Intertest en cours de mise au point. Ce projet consiste à tester en grandeur réelle des visions émergentes de la construction, de l'utilisation et de la gestion de l'Internet. Il se conforme strictement aux conditions d'organisation d'un tel type de test par l'ICANN. Il s'appuie sur l'expérience du test préparatoire "dot-root" auquel france@large a participé.

Le projet Intertest inclut plusieurs composantes de gouvernance dont :

  • WIKIGF pour documenter la construction et l'intergouvernance de l'écosystème numérique
  • WECANN (World Enhanced Cooperation for the Administration of Names and Numbers) pour avancer sur les principes de coopération pratique pour la gestion des ressources communes. WECANN aura la mission d'administrer l'adressage sémantique (Intersem) et le bloc /3 IPv6 de l'Intertest.
  • la production d'IRFC (Intertest Requests for Comments) selon un système de version permettant les mises à jour sous une même référence, et de numérotation flexible alphanumérique permettant d'associer une IRFC à un document externe. Par exemple, le travail sur la IRFC.3166-4.

Il est important qu'un tel projet soit compris comme une "mouvance", communautaire, gratuite, et réversible en cas d'erreur ou d'impasse, qui, dans les domaines les plus divers, parte de l'intertest de quelques un, valide leurs intersections et puisse s'étendre à des transitions de tout l'internet. A ce titre les projets d'intertest de france@large comprennent le multiconsensus, la structuration administrative des forums de discussion, l'e-maieutique communautaire (façon de produire des documents de réflexion), etc.

Propositions pour le FGI mondial

Le projet Intertest permet de tester l'intérêt pour la communauté IGF d'un service commun. Il devra être totalement impartial dans son contenu, toutefois sa structure devrait permettre d'aider à résoudre certaines préoccupations et le problème d'insertion de l'ICANN.

WIKIGF

Il semble souhaitable que :

  • la structure du WIKIGF croise l'ensemble des positions de Tunis (Art. 72) et l'ensemble des thèmes, ajoutant les thèmes majeurs du niveau sémantique et de l'interopérabilité, dégageant une modélisation du développement et de l'utilisation de l'Internet.
  • les ateliers IGF soient rendus permanents et organisés selon les FGI régionaux, nationaux et locaux, mais selon une approche heterarchique qui est l'essence même de l'approche multipartenariale.
  • soient attribuée une double page du WIKIGF à chacune des institutions internationales permettant une double rédaction officielle et publique.
  • la liste des coalitions dynamiques y soit tenue à jour qui permette à leurs représentants d'en tenir les pages ou les liens à jour.

Organisation générale

Le travail de la gouvernance de l'internet se fait à la fois face à face et en ligne. Il serait donc important que le principe et la mécanique de pages d'inventaire de situation ("taking stock") soient explorés sur le site de l'IGF France. Son extension multilingue/multisource pourrait se faire ensuite sur le site FGI Europe. Ceci pourrait être un moyen pour la communauté de la multipartieprenance européenne d'expérimenter comment une de ses solutions peut être globalement étendue.

ICANN

Il est important de reconnaitre l'ICANN pour ce qu'elle est : une agence américaine pour la gestion de l'internet mondial américain, à qui Tunis a reconnu la primauté sur la gestion de ce système, répondant à un vote unanime du Congrés des Etats-Unis, avec le soutien de l'Europe apporté par la délégation britannique.

La coopération renforcée consiste à permettre à l'ICANN américaine de coopérer avec ses contre-parties européennes, chinoise, française, parisienne, d'entreprise ou privées qu'elle doit faire émerger. Elle consiste aussi à contenir l'ICANN dans son rôle américain. C'est la nature même de l'approche multipartieprenante et l'application du principe de subsidiarité.

Il s'agit donc de trouver les règles de fonctionnement d'une telle coopération renforcée et de son intergouvernance. C'est le but assigné au WECANN dans le cadre de l'Intertest. Il pourrait être analysé, au niveau national et local IGF-FR, en coopération avec les différentes parties concernées.

Intercoopération des Organisations Internationales

Il semble important que la communauté des entités internationale se structure afin d'apporter leur point de vue aux suites du SMSI, en particulier aux débats du FGI et participer à l'exploration des outils de coopération renforcée. Le travail engagé par le projet 3166-4, et les propositions ISO en terme de collecte des données sur ces organisations de toute nature sont très certainement à soutenir.

Propositions pour le FGI européen

La communauté internet française doit conduire sa propre stratégie au sein de l'Europe pour entrainer l'adhésion et bénéficier de la synergie commune et de l'experience des autres nations.

Multipartieprenance

Toute compréhension de la coordination européenne comme relevant uniquement du domaine régalien est fortement objectable. Dans un univers multipartieprenant, ce qui compte est la représentativité et la pertinence des participants.

La force de l'Europe est l'union culturelle et la présence (qui doit être financée) des membres compétents des cinq composantes de la multipartieprenance, qui sont : la société civile, le secteur privé, le domaine régalien, les organisations internationales et le monde normatif et technique.

Multilinguisme de l'Internet

Le FGI européen offre une grande opportunité de travailler en concertation avec les autres pays européens et avec le Commissaire au Multilinguisme, à une description concrète et des spécifications techniques du support de la diversité linguistique. Toutes les diversités (techniques, politiques, économiques, humaines, culturelles, sociales, générations, biologiques) bénéficieront de ses solutions, et chacun de ces besoins contribuera sans doute en retour.

Le but des techniques est de permettre un environnement d'usage homogène qui sache interfacer l'hétérogénéité du monde, pas de tenter d'homogénéiser le monde selon un unique "technology correct" dont le premier problème est son incapacité à évoluer.

Stratégie européenne

La multipartieprenance et la nature distribuée de l'Internet ne réclament pas la création de FGI alternatif, car il est possible d'y ménager des ouvertures alternative en son propre sein. Ceci résultera de l'organisation de structures de convergence ou de coopération entre deux ou plusieurs coalitions dynamiques ou pôles de gouvernance. Le MAG qui ne devrait pas être opposé, ce qui lui donne une apparence d'importance accrue, mais entouré par d'autres structures complémentaires tant localisées que spécialisées (ex. un MAGE européen, un MAGFRA français, un MAGAVIA du monde du transport aerien, etc.)

La priorité parait aujourd'hui être à la coopération renforcée. Un axe de coopération renforcée initial, c'est à dire d'organisation d'une action commune supportée par un secrétariat, une agence, un accord, un traité communs, pourrait être la convergence des adresses IPv6 et des numéros téléphoniques dans le bloc /3 par le WECANN dans le cadre de l'Intertest.

Pragmatisme utilisateur

D'une manière générale notre monde est marqué par l'émergence de ce que l'on appelle les "actes de paroles", ceci résulte :

  • de l'impact des mots sur l'opinion et donc sur le consensus, enjeu de pouvoir des confrontations, au point que ce n'est plus la réalité objective ni la vision subjective, mais la virtualité circumjective qui devient souvent prépondérante. Une notion qui nous devient commune mais que nous avons encore peu identifiée et donc mal intégrée : ce n'est pas la manière dont est conçu l'internet qui compte réellement mais ce que les gens en pensent, est une réflexion commune. C'est en partie, mais pas totalement, vrai.
  • de la force que les NTICS donnent à la virtualité et donc à ceux qui en maitrisent la technologie, et leur tentation d'un technocratisme supposé simplificateur, que l'on a souvent tendance à évacuer (comme au SMSI) en n'intégrant pas les responsabilités majeures et les devoirs de respect de l'homme de la gouvernance technique. La citation du Dr. Lessig "la constitution de l'Internet est dans le code source" signifie qu'elle est dans les standards qui définissent ses processus, et vu l'importance prise par la technique dans notre monde, l'on peut dire que "la constitution du monde est dans les mains technocratiques d'un monde normatif, soumis à aucun contrôle démocratique".

Il est dès lors suggéré une règle pragmatique de pensée. En toute chose soumise "aux actions de paroles", parfois lourdement chargées de poids technique, économique, politiques, stratégiques, commerciaux, culturel, etc. privilégier l'utilité aux intérêts européens. Les organisations internationales ne sont pas là pour être servies, optimisées, débattues en longs investissements stériles de paroles où peuvent nous entrainer nos concurents, mais pour être utilisées.

Propositions pour le FGI France

Il est incontestable que la France est une source de propositions et un vivier de développements techniques et sociétaux, qui devrait contribuer fortement à la maturation de l'Internet et de sa multinationalité. Un certain nombre de thèmes paraissent à sa portée pratique où elle peut montrer qu'elle là aussi de retour.

Securité de l'"Intersem"

Le point central est techniquement la sécurité stratégique sémantique dans un contexte diversifié de langues et de techniques, et de protection de la vie privée, des options culturelles et religieuses, des opinions personnelles et des traits originels des personnes, afin de ne pas refaire au niveau sémantique l'erreur Internet du niveau numérique, qui n'intègre pas la sécurité. Au niveau numérique les "exploits" sont des pénétrations des processeurs logiques, au niveau sémantique il s'agit ultimement du processeur sémantiques naturel qu'est le cerveau humain.

Il parait donc important que les acteurs de l'intelligence et de la guerre économique soient associés. La première des préoccupations est bien entendu la formidable fuite d'informations sensibles que représente la centralisation acceptée du système de serveurs racine sans pare-feux DNS nationaux. Ceci parait simplement impensable au niveau de l'adressage et du routage sémantique c'est à dire la désignation, la signification et la référentiation de tous les termes, et pas seulement des noms de domaine.

E-Droits de l'Homme

La France se doit d'être un moteur dans la proposition du droit de l'Internet. C'est aussi son intérêt pour qu'il ne soit pas construit sur une "common law", au demeurant semblant inadéquate à un système global interfaçant nombre de traditions légales et juridiques (il est sans doute plus souhaitable de tirer avantage des similitudes de contexte avec le droit de la mer).

Une double proposition qui semble cohérente et porteuse, et à notre mesure est celle de :

  • la rédaction d'un 31ème article des Droits de l'Homme concernant son environnement virtuel, comparable à ceux traitants de son environnement familial, écologique, culturel, etc. Il doit disposer de cinq droits fondamentaux sources de familles de droit correspondantes : exister, posséder, parler, écouter ou ne pas entendre, s'associer. Nombre de difficultés actuelles sont alors solubles par remontée à une source communément compréhensible, comme par exemple de considérer les données privées, la production artistique ou les noms de domaine comme des biens virtuels propriétaires pouvant être prêtés ou loués.
  • la protection effective de ces droits par les choix technologiques qui doivent conduire à simplifier leur exercice et compliquer leurs violations. Ceci ajoute l'incitation architecturale aux devoirs régaliens, et donc le monde de la normalisation et de la standardisation à la coopération renforcée.

Vis à vis du FGI Européen

La France devrait faire adopter une charte du FGI Européen qui se fonde sur les principes

  • de multipartieprenance incluant explicitement le monde normatif et technique non cité à l'accord de Tunis (ce qui favorise l'internationalisation américaine de l'Internet),
  • de pluralité des techniques et de souci de convergence des interfaces pour une plus grande simplicité d'accès pour tous,
  • du droit de chacun à connaître, vivre, inventer et cogérer son environnement culturel et technique dans sa propre langue (article 2 et 27 des Droits de l'Homme).

Elle devait se doter d'un "MAGFRA" qui soit une instance de concertation et de proposition permanente à la disposition des différentes parties prenantes de la société française : civiles, privées, régaliennes, internationales et normatives.

Filière sémantique

La filière sémantique en devenir est sans doute la clé de l'économie et de la recherche du futur. Il est souhaitable que la France y prenne une position à la hauteur de la langue française et qu'elle prenne l'initiative de quelques IRFC spécialisées dans ce domaine. Ceci signifie, par exemple, une participation active de l'AFNOR aux travaux majeurs du JTCA/SC32/WG2 sur les registres de métadonnées.

Un thème où la culture française peut aider une approche d'intérêt global est une "technologie" de la réflexion partagée (e-maïeutique) et du compte-rendu (génération opérationnelle et vivier d'idées, évolution coopérative du wiki/blog) qui pourrait s'organiser autour du Libre français et de la gestion des associations 1901 (en tant que structure typique adaptée au travail en commun).

Elle semble pouvoir faire partie d'un système d'interopération réseau (NETIX, partie du projet Intertest). Un encouragement à son R&D pourrait résulter d'une publicité publique, née de la coopération à ce travail d'associations d'intérêt public. Ceci est un effort à budget quasi nul mais réclamant une certaine publicité (cf. recensement des sujets émergents)

Il est de l'intérêt français de parvenir à une solution ouverte et rapide quant aux noms de domaine linguistiques et de l'étendre à l'ensemble du domaine sémiotique (support des signes et icônes). Ceci, à la fois, nous protège de l'anglicisation générale et entame , à notre initiative, une véritable innovation de l'Internet. Il serait donc souhaitable, par exemple que l'AFNOR engage des propositions au TC145 sur une normalisation des interfaces qui inclue les graphèmes scripturaux, en insistant sur l'aspect sécurité qu'Unicode seul ne permet pas. Ceci est une part importante du besoin "écran du frigidaire ou du feu rouge" (cf. infra) pour l'intégration totale de l'Internet.

Ecran du Frigidaire ou du feu rouge

Un projet de convergence pratique de l'usage quotidien des NTICS devrait être engagé pour porter cette filière par un support connu et pratiqué par tous. Un thème parlant reste l'écran du frigidaire ou du feu rouge qui permet de centraliser la plus part des besoins courants des utilisateurs tant externes que domestiques, de proximité ou de convivialité. Cette approche pourrait fortement s'appuyer en France sur l'acquis sociétal du Minitel et des micropaiements kiosque.

L'anglais à notre service

L'avenir de l'industrie française dépend de sa capacité pratique de coopération/pénétration internationale. En cela elle s'oppose à son propre effort : en voulant promouvoir une innovation française, elle promeut le français et se heurte ainsi à la ghettoïsation des chercheurs et de leurs efforts.

Il est sans aucun doute possible d'arriver à moyen terme à un équilibre que peut illustrer le slogan "nous gardons le français, mais nous donnons nos idées" qui pousse les autres cultures à nous traduire, puis à nous copier. Toutefois à l'heure actuelle il faut relancer l'intérêt, et pour cela avoir l'aide de traducteurs spécialisés (anglais, chinois, espagnol, russe) qui participent à la réflexion technique par leurs questions de traducteur. C'est l'avantage du bilinguisme dont profitent, par exemple à l'ISO, les Anglo-saxons et qu'il faut maintenant faire aussi jouer à notre avantage.

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